Edito

Non-assistance à personne en danger social et mental

J.B. / 22 octobre 2011

Le Guangdong est une importante province de Chine d’où sont originaires les Chinois qui se sont établis à La Réunion. Sa capitale (Guangzhou) est plus connue sous le nom de Canton. Celle-ci constitue une conurbation avec la dynamique ville de Foshan qui est jumelée avec La Possession.

Près du marché de Foshan, la semaine dernière, une fillette de 2 ans a été heurtée par 2 véhicules qui ont continué leur route tandis que 18 passants ne se sont pas arrêtés pour porter secours à l’enfant. Un travailleur migrant a recueilli la petite et une dame âgée a appelé au secours. La scène a été confirmée par des caméras de surveillance. Les médias se sont emparés de cette affaire qui a soulevé une grande indignation dans tout le pays.

Transportée en urgence à l’hôpital, elle a subi des soins intensifs qui, malheureusement, n’ont pas pu la ramener à la vie. Depuis l’annonce de son cruel accident, les échanges sur internet se sont multipliés par millions de messages. Des donneurs ont spontanément fait parvenir de l’argent aux parents pour subvenir aux divers soins. Mais beaucoup de personnes ont ouvert leur cœur pour savoir si de tels comportements ne relevaient pas du développement économique rapide de la Chine.
Les autorités du pays ont vite réagi. Le gouverneur de la province a déclaré : « Nous devons regarder notre laideur intérieure avec honnêteté et faire l’examen douloureux de notre conscience ». D’aucuns réclament aujourd’hui une législation pour sanctionner des comportements de « non-assistance à autrui ».

Au-delà de la morale et de l’éthique, cette nouvelle nous rappelle que nous vivons dans un monde d’indifférences aux sorts des autres où la violence des faits est le lot quotidien. Il y a la violence physique, certes ; elle est spectaculaire et choquante. Il y a la violence sociale ; elle est plus sournoise, mais tout aussi indigne.

A La Réunion, 25% d’entre nous n’ont même pas 15 euros par jour pour vivre. Quotidiennement, nous croisons ces personnes dans l’indifférence totale. Il y en a même qui perçoivent 10 fois plus et se permettent des propos désobligeants vis-à-vis de ces personnes en danger social extrême. Ne devrions-nous pas aussi « regarder notre laideur intérieure avec honnêteté et faire l’examen douloureux de notre conscience » ? N’y a-t-il pas nécessité de porter assistance à ces personnes en danger social et mental ?

J.B.


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