Edito

Nous sommes l’espoir

J.B. / 29 septembre 2012

Les derniers chiffres du chômage sont tombés cette semaine. Ils ont encore augmenté au mois d’août, avec plus de 158.000 inscrits à Pôle emploi. Cette catastrophe dure depuis que Paris a fait le choix de refuser aux Réunionnais le droit au développement. Rappelons que dans la loi du 19 mars 1946 abolit le statut colonial, toutes les lois sociales appliquées en France devaient l’être le 1er janvier 1947.

Cela n’a pas été fait, et il a fallu batailler plus de 50 ans pour que les Réunionnais puissent avoir droit aux allocations familiales, à l’indemnisation du chômage et à l’alignement du SMIC, etc. Souvenons-nous que l’égalité du RMI ne date que de 2002. Si les partis politiques parisiens ont refusé d’appliquer tout de suite l’égalité, c’est parce que cela lui permettait d’annoncer des mesurettes pour acheter la paix sociale à la moindre poussée de révolte.

Mais depuis que l’égalité est réalisée, les partis gouvernementaux ne disposent plus de ce moyen de chantage électoral. Sur la base de la logique entretenue pendant 50 ans, la population s’attendait à ce que Paris décrète la majoration du SMIC ainsi que celle des minimas sociaux et des retraités au-delà du montant servi en France. Il n’en a rien été, et à ce jour, le gouvernement n’accorde qu’à une seule catégorie de la population le droit d’acheter la vie chère. Les 2/3 de la population devront se satisfaire de l’égalité, seulement. Le système est arrivé au bout de ses moyens, et il est incapable de répondre aux revendications des Réunionnais, car il n’est pas fait pour cela.

Au moment de la départementalisation, La Réunion comptait 260.000 habitants, avec un taux de mortalité plus élevé qu’à Madagascar, aujourd’hui. À cette époque, tout le monde travaillait. Aujourd’hui, nous comptons plus de 800.000 habitants parmi lesquels 60% des jeunes actifs sont au chômage ; la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté alors que les 10% les plus riches peuvent mener le même train de vie que leurs homologues en France. C’est la faillite d’un système qui voulut faire émigrer toute la jeunesse en France plutôt que développer le pays.

Tout cela n’est plus tenable. C’est à nous d’accélérer son effondrement. Cette éventualité fait peur à la "bonne société", car cette dernière n’a pas envie que cela change. Il appartient à nous, communistes, d’agir pour accélérer l’écroulement de ce système obsolète. Il donnera naissance à la société, pourra se restructurer autour d’un projet de développement durable. Voilà l’horizon de nos luttes, nous sommes l’espoir de tout un peuple, ne le décevons pas.

 J.B. 


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