Edito

Nouveau rétrécissement de la majorité parlementaire à un mois des élections départementales

J.B. / 18 février 2015

Manuel Valls remplace Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre. Manuel Valls avait été largement battu au premier tour des Primaires citoyennes, c’est pourtant son orientation que choisit François Hollande. Ce dernier venait de signer le tournant vers le social-libéralisme en lançant le Pacte de responsabilité.
Le 8 avril 2014, Manuel Valls soumet sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale. Le résultat est le suivant : 306 pour, 239 contre et 26 abstentions. Cela donne les contours de la majorité parlementaire. Le groupe communiste n’en fait plus partie, car il a voté contre. Les écologistes ne sont plus dans le gouvernement mais soutiennent son action, ils votent pour. Les radicaux de gauche restent dans le gouvernement et votent pour. Au sein du PS, 11 députés s’abstiennent. Ils constituent l’embryon des frondeurs.

Cinq mois plus tard, plusieurs ministres rompent la solidarité gouvernementale. François Hollande choisit alors de faire démissionner l’ensemble des ministres, confirme Manuel Valls à son poste et le charge de former un nouveau gouvernement. Le 16 septembre 2014, il sollicite de nouveau un vote de confiance des députés sur sa déclaration de politique générale. Le résultat est le suivant : 269 pour, 244 contre et 53 abstentions.
Deux décisions viennent réduire la majorité parlementaire.
La première, c’est le refus des députés écologistes de voter pour. Ils choisissent l’abstention pour 17 d’entre eux, et le vote contre pour l’une d’entre elle. Les communistes confirment le vote contre à trois exceptions, dont Huguette Bello qui rompt la solidarité en s’abstenant. Quant aux députés socialistes, ils sont cette fois 27 à s’abstenir, leur nombre a plus que doublé.

Deux mois plus tard arrive un autre scrutin important, c’est la Loi de finances 2015. Il donne le résultat suivant : 257 pour, 222 contre et 54 abstentions.
35 députés PS s’abstiennent dont deux anciens ministres. Les frondeurs sont donc encore plus nombreux. Par ailleurs, 12 députés Verts sur 15 s’abstiennent. Alors que le groupe communiste vote contre le budget, Huguette Bello se distingue à nouveau en s’abstenant.
Il est à noter que les 5 députés socialistes de La Réunion ont toujours voté tout ce que le gouvernement a proposé. Ils ne font donc pas partie des frondeurs.

Hier, l’Assemblée nationale devait se prononcer sur un texte très important, le projet de loi Croissance et activité dite « Loi Macron ». Lors de son voyage en Chine, Manuel Valls avait vanté ce texte auprès de ses interlocuteurs chinois, soulignant que cette loi allait permettre de lever les freins à l’investissement. Le gouvernement constate que la majorité parlementaire se réduit encore. Il en vient à douter qu’un nombre suffisant de députés votera pour le texte. Plusieurs députés socialistes ont dit qu’ils voteront contre le texte. Manuel Valls fait donc le choix de l’adoption sans vote, ce qui automatiquement expose au dépôt d’une motion de censure de la part de l’opposition. Autrement dit, pour la troisième fois en moins d’un an, et à un mois des élections départementales, le Premier ministre va poser une nouvelle fois la question de confiance aux députés. C’est un moyen de mettre les frondeurs au pied du mur. Car si la motion de censure était adoptée, elle donnerait un argument de poids aux partisans d’élections législatives anticipées.


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