Edito

Nouvelle route du littoral de La Réunion : encore de nouveaux scandales

J.B. / 11 février 2016

Pour que le projet de route en mer à La Réunion, dite nouvelle route du littoral ou NRL, puisse aboutir, au moins deux conditions sont nécessaires. La première suppose que les promoteurs du chantier aient des matériaux en quantité suffisante. Cette évidence n’a pas été prévue. Résultat : il faut aller chercher des roches à Madagascar. Elles doivent donc traverser 800 kilomètres d’océan Indien entre la Grande île et La Réunion pendant la saison cyclonique. En France, Mediapart vient de faire éclater ce scandale. Ce journal donne un coup de projecteur sur les dégâts infligé à l’environnement de l’île sœur pour satisfaire un projet inutile.

La seconde condition est de raccorder la NRL au réseau routier. En effet, toutes les opérations de communication de la Région Réunion ne peuvent pas cacher cette autre évidence. Le financement du chantier ne prévoit que la construction de la route en mer, mais pas l’arrivée de la NRL à Saint-Denis.

Sans la réalisation de ce raccordement, la route sera une impasse. Le Quotidien d’hier a annoncé le coup prévisionnel de ce raccordement. Pour quelques centaines de mètres, le montant approche déjà 600 millions d’euros alors que le premier coup de pioche est loin d’avoir été donné. L’annonce de la réalisation de ce maillon essentiel pour 2023 apparaît bien optimiste. Malgré tout, il annonce que Didier Robert ne sera pas en capacité d’inaugurer la NRL avant la fin du mandat des conseillers régionaux actuels. Cela veut donc dire que le projet de NRL aura donc occupé l’essentiel des investissements pendant plus de deux mandatures de la Région Réunion. C’est énorme, et cela sans préjuger de l’échec prévisible de ce projet pharaonique.

En prenant en compte l’indispensable raccordement de la NRL au réseau routier, le coût prévisionnel du chantier explose. Les 2,5 milliards d’euros sont déjà dépassés, et ce n’est qu’un début. La Réunion se situe en effet sous les tropiques, une région du monde qui se caractérise par une saison cyclonique. Actuellement, une simple dépression tropicale croise à plusieurs centaines de kilomètres de La Réunion. Cela suffit pour faire prendre un nouveau retard au chantier. Les blocs qui doivent sécuriser la digue doivent en effet être placés dans la mer à un endroit bien précis, avec une marge d’erreur qui ne doit pas dépasser deux centimètres, rapporte le Quotidien d’hier. On imagine aisément toutes les difficultés à laquelle sont confrontés ceux qui doivent aujourd’hui placer ces blocs. Or, tout retard dans un chantier se chiffre par des coûts supplémentaires.

Alors que l’on en est qu’au début, les aléas ne cessent donc de se multiplier pour la NRL. Il est véritablement grand temps de cesser ce gaspillage. L’argent obtenu par Paul Vergès devait initialement servir à la construction d’un train et d’une route du littoral de dimension plus modeste et sécurisée. Si l’accord signé en 2007 avec le gouvernement avait été respecté, les Réunionnais auraient déjà le train, et ne seraient pas dans les embouteillages en train de constater l’échec de la nouvelle route du littoral de La Réunion.


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