Edito

Nouvelle trahison : après avoir donné la Région à l’UMP, les élus du PS, du Progrès et du PLR ont boycotté l’Assemblée des pauvres

J.B. / 4 novembre 2013

Il y a exactement une semaine que M. François Chérèque a posé ses pieds à La Réunion en tant que chargé de mission du Plan national de lutte contre la pauvreté. Le premier jour, il a accordé quelques audiences. Le lendemain, il a participé aux Rencontres territoriales sur la Pauvreté, question de rendre vivant et compréhensible le rôle de chaque partenaire de ce dossier sensible.

Près de 300 personnes ont participé à des travaux qui ont duré jusqu’en fin d’après-midi. Les interventions étaient très ouvertes et de nombreux points de vue ont été exposés. C’était différent des rencontres officielles où les gens ont l’impression que tout est calé d’avance. Là, les pauvres ou leurs représentants ont admis qu’il y avait une écoute.

Le terrain était balisé pour permettre à l’envoyé spécial de poser son intervention et les mesures du plan. Il avait l’assurance que l’auditoire allait être attentif. Les détails du plan ont été savamment distillés le long de l’exposé. Les participants en ont pris bonne note, dans l’optique de l’accélération de la mise en œuvre, tellement la situation des intéressés est dramatique.

Désormais, l’urgence commande un travail de coordinations et d’informations maximales. Celles-ci doivent-elles transiter par les communes où les maires, en dehors de Maurice Gironcel de Sainte-Suzanne et Paulet Payet du Tampon, se sont montrés particulièrement absents de toute la journée d’échanges ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, le maire de Saint-Denis, la ville d’accueil, n’est pas venu.

Du reste, aucun dirigeant du PS, du Progrès ou du PLR ne s’est déplacé pour rencontrer les pauvres et l’envoyé spécial du gouvernement. Il y a eu Bello qui, toujours égale à elle-même, a tenté de sauver la face grâce à Réunion 1ère TV qui, très opportunément, lui a consacré un reportage exclusif relevant de la propagande électorale.

Les médias se trompent en refusant de signaler les insuffisances de la Reine-Maire. Ramener deux journées de rencontres sur la pauvreté devant 300 personnes, en l’illustrant par une opération du CCAS de Saint-Paul, ce n’est pas fort pour une élue qui se dit « nationale »  ! 35 ans qu’elle préside l’UFR, 16 ans qu’elle siège comme Députée, 6 ans qu’elle dirige une commune de 100.000 habitants, près de 2 ans qu’elle préside une formation politique, le procédé révèle la hauteur de vue du personnage, rattrapé par la réalité sociale qu’elle ne maîtrise pas.

En une séance, nous avons mesuré le fossé qui sépare le monde réel avec ses problèmes et la politique virtuelle des responsables politiques qui se disent de « gauche » , mais qui ont planté les pauvres une deuxième fois. La première fois, c’est lorsqu’ils ont aidé l’UMP à prendre la Région pour casser tous les projets que l’Alliance et le PCR avaient déjà prévus.

J.B.


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