Edito

NRL : Huguette Bello ne doit pas fuir sa responsabilité

J.B. / 27 avril 2016

Le Haut Conseil de la commande publique s’est tenu hier. Il a montré quelles sont les clients du secteur du BTP. Du côté des opérateurs privés, la demande s’est effondrée, passant de 500 millions d’euros à 200 millions. Pendant le même temps, la part de la commande publique a augmenté, de 500 millions à un milliard. Aujourd’hui, 85 % du chiffre d’affaires dépend de la commande publique. Dans cette dernière figure la nouvelle route du littoral. En enlevant les sommes dépensées dans des activités telles que l’extraction de roches à Madagascar, leur transport sur la mer et en camion, ainsi que toutes les activités qui ont conduit à jeter des milliers de tonnes de galets dans la mer, que reste-t-il comme chiffre d’affaires au secteur du BTP ?

Dans notre précédent édito, nous avons vu en effet combien le projet de route en mer soutenu par l’État va à l’encontre de tous les principes affirmés par le président de la République à la tribune des Nations Unies lors de la signature de l’Accord de Paris vendredi dernier, et par le gouvernement pendant la Conférence environnementale qui s’est déroulée au début de la semaine.

À La Réunion, ce gouvernement est loin d’être un champion de la défense de l’environnement. Il a en effet donné à la Région les dérogations nécessaires pour lancer le chantier, malgré le veto unanime du Conseil national pour la protection de la nature. Les dégâts infligés à l’environnement sont considérables.

Ce projet est loin de réaliser les promesses en termes d’emplois. Lors de sa présentation en 2011 dans un ancien restaurant de Saint-Denis aujourd’hui loué par la Région, 8.000 à 12.000 emplois étaient annoncés. On peut manifestement diviser ce nombre par dix alors que le chantier est censé tourner maintenant à plein régime. Sentant le vent tourner, Huguette Bello essaie donc de récupérer l’affaire sur la base d’une information qui lui a été transmise. Elle dénonce le recours à plus de 400 intérimaires sur ce chantier. Cette nouvelle manœuvre ne peut pas masquer sa responsabilité dans cette situation.

En 2010, l’Alliance dirigeait la Région Réunion et avait lancé d’autres projets. Lors des élections régionales, l’attitude et les déclarations d’Huguette Bello ont favorisé la défaite de l’Alliance et donc la victoire de Didier Robert. L’arrêt du chantier du tram-train et le lancement du projet de route en mer sont des suites logiques. Lors des élections régionales, Huguette Bello n’était pas contre la nouvelle route du littoral. D’ailleurs, son premier co-listier, Gilbert Annette, est totalement impliqué dans ce projet car il compte utiliser les finances de sa commune pour aider à réaliser le raccordement de la NRL au réseau routier actuel.

Avec la poursuite du chantier du tram-train et des autres projets de l’Alliance, de tels fait ne se seraient pas produits. Le chantier de la route des Tamarins était loin de susciter autant d’oppositions et de polémiques. Alors quand Huguette Bello s’en prend aux conditions de travail sur la NRL, il ne faut pas oublier qu’elle est une des responsables de cette situation.


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