Edito

Obama et consorts : diversion hollywoodienne et indignation sélective

J.B. / 13 septembre 2014

Les médias du monde entier ont relayé les propos de Obama appelant à une croisade contre l’Etat Islamique, en Irak mais aussi en Syrie. Il dit avoir confié à l’Arabie Saoudite le soin de former et armer les « rebelles » qui luttent contre le président syrien, Assad. Sitôt dit, Hollande est le premier à se précipiter à Bagdad au moment où le gouvernement libyen est obligé de se réfugier sur un paquebot sous la pression des islamistes qui ont pris la capitale du pays.

La communication occidentale est parfaite mais rares sont les journalistes qui ont relevé l’énorme contradiction qui consiste à punir la Syrie alors que les Etats Unis, la France et les monarchies du Golfe ont financé, armé et encadré les fondamentalistes de l’EI et les rebelles syriens dans le but de renverser le régime de Damas. Ainsi, la situation créée par l’EI apparaît comme une aubaine pour Obama qui déclarait encore la semaine dernière qu’il n’avait pas encore « arrêté de stratégie ». Bizarre, quand même !

En fait, la stratégie est si claire qu’il n’a même pas eu un mot pour les victimes de Boko-Haram, cet équivalent de l’EI. Pourtant, dans un pur style grandiose, il avait utilisé sa femme Michelle Obama afin de mobiliser les émotions mondiales face au rapt de 200 filles. Que sont-elles devenues ? Entre temps, il y a eu le Sommet Africain. Pourquoi n’a-t-il pas décidé une grande coalition occidentale pour appuyer les chefs d’Etat africains réunis ?

Qui peut croire que les moyens exceptionnels ont été déployés pour retrouver les criminels et les « attaquer partout » où ils se trouvent ? A quoi servent leurs experts en tout genre, leur puissance militaire et financière ? 200 jeunes filles ne disparaissent pas sans laisser d’indices. N’existerait-il aucun indice d’échange entre les membres de ces groupes fanatiques ?

Chacun aura noté que la seule mesure concrète, ce sont des sanctions contre la Russie.

Bref, l’ennemi c’est Assad et Poutine. Le reste relève d’une grande diversion hollywoodienne s’appuyant sur une indignation pour le moins sélective.


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