Edito

Obama n’est pas à Cuba en pays conquis

J.B. / 21 mars 2016

L’avion d’Obama s’est posé hier à Cuba. Depuis, 88 ans, c’est la première fois qu’un président des États-Unis vient en visite officielle dans cette ile, située à moins de 200 kilomètres du continent, c’est équivalent à la distance qui sépare La Reunion et Maurice. Cet événement est qualifié d’historique. Nous reproduisons ici, la première réaction d’un media comme CNN qui n’a jamais été tendre envers Cuba : « Pour beaucoup, c’est le signe de temps nouveaux. Quelque chose d’inimaginable voilà quelques années : un président des États-Unis visite Cuba pour la première fois en presqu’un siècle. »

Hier, il est allé rendre visite au personnel de son ambassade, installée depuis juillet de l’année dernière. C’était un pas de géant concret dans le dialogue pour restaurer la confiance et les échanges. C’était le 20 juillet dernier ; à cette occasion, dans un communiqué, le PCR avait salué la reprise des relations entre les 2 pays. Désormais, dit-il, « les États-Unis doivent agir rapidement pour quitter Guantanamo et lever le blocus économique et commercial imposé aux Cubains. »

C’est le minimum qu’on peut effectivement espérer si Obama pense qu’il est à la tête d’un pays civilisé. En tout cas, il a pu se rendre compte que les Cubains l’ont accueilli avec beaucoup de civilité.

Au-delà du programme purement politique, nous retiendrons la visite qu’il a eu dans le centre historique de la Havane, accompagné de sa femme et ses 2 filles. Il s’est offert les explications de Eusebio Léal, l’historien de la ville. Le Centre historique de La Vieille Havane a été déclaré monument national en 1978. Les plans de restauration ont débuté en 1981, et un an plus tard, il a été inclus à la liste du Patrimoine mondial.

Nous vous invitons à faire connaissance avec l’importance politique accordée par Fidel Castro au développement de ce patrimoine en lisant le livre « Cuba, parole à La Défense » de Salim Lamrani, maître Conference a l’Université de La Reunion. L’auteur a consacré une partie à une interview de Eusebio Léal qui montre ce qu’on peut faire avec peu de moyens mais bien utilisés. Avec un investissement de seulement un million de dollars, le bureau de gestion produit 20 ans après 100 fois plus.

Ici, à La Reunion, on a supprimé la MCUR, et on jette l’argent par la fenêtre. Comme le dit le PCR dans son communiqué, on n’a pas fini de tirer les leçons de Cuba et d’effacer les mensonges historiques. Depuis, hier, Obama est libre dans un pays libre. Il n’arrive pas en pays conquis.


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