Edito

On n’a pas fini de parler du rétablissement du RSTA en faveur des travailleurs les moins rémunérés

J.B. / 3 juin 2013

L’annonce du Ministre Lurel de mettre fin au RSTA a soulevé l’indignation à La Réunion et aux Antilles. Au début, un amalgame était fait entre RSA et RSTA pour tromper les bénéficiaires. Ensuite, le ministre a déclaré qu’il appartenait aux entreprises de récupérer la mesure. Maintenant, il est clair que le gouvernement ne peut plus échapper à ses responsabilités face à la vie chère.

Que s’est-il passé au Ministère des Outre-mer pour décider d’enlever à un travailleur percevant moins de 1,4 SMIC le bénéfice de quelques dizaines d’euros, voire une centaine, à 40.000 Réunionnais et presque autant aux Antilles-Guyane ? Quelle catégorie de travailleurs accepterait de perdre 10% de leurs revenus alors même qu’ils n’obtiennent généralement qu’une augmentation symbolique après plusieurs jours de grèves ?

Le ministre déclare qu’il appartient au patronat de prendre le relais du gouvernement, renvoyant aux syndicats la responsabilité d’ouvrir sur ce sujet le débat avec le patronat. C’est une position légère du gouvernement qui n’accompagne pas ses décisions d’un cadre contraignant. Du coup, il décide de supprimer une mesure avant de passer le relais. Cela va provoquer un trou dans le budget des ménages qui se monte à 1.200 euros par personne et par an.

Ceux qui font l’amalgame avec le RSA trompent l’opinion. En fait, il faut souligner que l’attribution du RSA relève de l’égalité sociale et du droit commun. Elle aurait dû être étendue aux DOM dès son application. Cela a été fait plus tard. Elie Domota, qui était à la pointe du combat en 2009 aux Antilles, accuse « d’escroquerie intellectuelle » ceux qui font l’amalgame entre RSA et RSTA. Il précise que ce n’est pas le même public. Les syndicats le savent et ont déjà tenu à le dire. La situation va inévitablement bouger.

En effet, les travailleurs de l’énergie ont assigné leur employeur devant la justice pour obtenir la sur-rémunération de 53% qui prend en compte la cherté de la vie à hauteur de 35%. Les pompiers réclament l’indexation de leur prime que refuse maintenant la Paierie départementale. Quelles seront les conséquences pour le gouvernement si la justice administrative reconnaît le bien-fondé de la vie chère ? Et, dans le cas contraire, que fera-t-il ? Le gouvernement joue avec le feu. On s’approche de l’échéance fatidique, celle qui met le gouvernement devant ses responsabilités. Il n’a pas fini avec le RSTA.

J.B.


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