Edito

Où est l’égalité ?

J.B. / 4 novembre 2015

Hier à Mayotte, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à l’appel des syndicats. Le mot d’ordre était le suivant : « l’égalité des droits, la solidarité et une vraie justice à Mayotte ».
Voici quelques propos tenus par Salim Naouda, secrétaire général de la CGT Mayotte, devant les caméras de Mayotte Première : « Depuis la départementalisation en mars 2011, toutes les obligations et tous les devoirs ont été étendus à Mayotte mais les droits n’y sont pas totalement assurés (…) Il est inadmissible que dans le secteur privé, on ne soit qu’à 22 % du code du travail national appliqué ».

Les inégalités entre public et privé ont aussi été rappelées. Le Journal de Mayotte a interrogé un membre de l’association Tama, engagée dans le soutien aux anciens détenus. « Nous effectuons le même travail que nos collègues métropolitains, sur des problématiques parfois plus lourdes, mais sans conventions collectives du travail social à Mayotte. » Sans majoration de salaire, difficile de tenir la route, « nos salariés préfèrent se diriger vers l’éducation nationale qui offrira une indexation de 30% au 1er janvier prochain. »
Le cortège est arrivé devant la préfecture. Reçue par le préfet, une délégation a eu la réponse suivante : « se tourner vers George Pau-Langevin lors de son arrivée entre le 9 et le 11 novembre », écrit le Journal de Mayotte.
En conséquence, les syndicats appellent à une grève générale lors de la venue de la ministre lundi à Mayotte.

Cette manifestation n’est pas sans rappeler celles qui ont été menées pendant des décennies par les Réunionnais pour obtenir l’égalité des droits inscrite dans la loi du 19 mars 1946. Elle montre également que comme à La Réunion, l’État a décidé que seule une partie des travailleurs a le droit à une prime pour compenser la vie chère.
La France a choisi d’intégrer Mayotte, mais elle y applique les mêmes recettes qui ont donné le résultat que tout le monde peut constater dans notre île.

C’est bien l’urgence de changer le système qui est posée, car il interdit l’égalité.


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