Edito

Pas de décision innocente

LB / 29 mai 2010

Dans toute l’île et dans tous les milieux socio-économiques et politiques, les Réunionnais expriment leur inquiétude sur le risque de suppression du projet de tram-train par le nouveau président de la Région Réunion et sur les effets catastrophiques qu’entraînerait une telle décision. Ces dégâts porteraient sur de nombreux secteurs de notre existence : emploi, aménagement du territoire, coût et qualité des déplacements, patrimoine naturel et historique etc.
Une nouvelle catastrophe en cas de suppression du tram-train a été mise en lumière avant-hier à Saint-Paul par les élus, lors de la réunion du Conseil municipal. Il s’agit de nouveaux retards et de nouvelles années perdues dans l’ensemble de nos communes en termes d’équipements et de constructions, en raison de la remise en cause du Schéma d’aménagement régional (SAR) par la nouvelle direction de la Région.

On sait en effet que le SAR est le document de référence à partir duquel les 5 communautés d’agglomérations peuvent décider leur SCOT (Schéma de cohérence territoriale) et les 24 communes leur PLU (Plan local d’urbanisme). C’est donc le document à partir duquel presque tout se construit dans le pays.
Selon la loi, le nouveau SAR doit être adopté cette année et l’ancienne majorité de la Région a accompli un travail considérable, en concertation avec ses différents partenaires, pour aboutir à un accord sur ce projet. Et dans le consensus qui s’est réalisé entre les collectivités réunionnaises sur ce projet, on note que toutes les communes de l’île concernées par le tram-train de Saint-Benoît à Saint-Joseph ont intégré cet équipement dans leur SCOT et leur PLU, et donc dans le SAR.

D’ailleurs, l’État également y tenait. Et il y a quatre ans déjà, le 15 juin 2006, dans une lettre au président du Conseil régional Paul Vergès, le préfet lui-même écrivait : "En ce qui concerne les enjeux relevant de compétence de l’État, je serai particulièrement attentif aux dispositions relatives (…) à la confirmation de la poursuite d’une vigoureuse action en faveur des déplacements, par transports en commun en site propre et par mode routier, incluant les projets structurants majeurs et nécessaires que sont notamment le tram-train, la restructuration du système des transports en commun de l’île et la nouvelle liaison Saint-Denis / Ouest".
Cela signifie que si Didier Robert décide d’enlever le tram-train du SAR, tout sera chamboulé partout, il faudra tout recommencer et le développement durable sera mis en cause. Comme on le constate, en politique, il n’y a pas de décision innocente.

L. B.


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