Edito

Pas un mot de compassion pour les victimes. Que de la promotion gratuite UMP !

J.B. / 27 juillet 2011

Benoist Apparu a été contraint de provoquer une conférence de presse de dernière minute pour tenter d’effacer l’opinion négative de sa visite.

À travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux, la population échange et commente en direct les actes et silences d’un ministre en mission commandée en faveur d’un parti : l’UMP. Initié et téléguidé, depuis une cellule spéciale à l’Élysée, ce genre de déplacement est de plus en plus mal accepté. Le programme officiel est là pour masquer le programme militant. Les somptueuses dépenses contredisent le discours sur l’austérité et le gaspillage de l’argent public.

Le ministre vient ici dans un pays en pleine récession économique pour la deuxième année. Consécutive. Cette année, ce ne sera pas mieux. Toutes les catégories sociales sont touchées. Il n’a pas eu un seul mot de compassion pour tous ceux qui souffrent.

Il y a ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il y a ceux qui subissent la cherté de la vie. Il y a les entrepreneurs qui sont obligés de fermer leur entreprise. Il y a les jeunes sans avenir qui voient les emplois passer sous le nez des Réunionnais. Il y a les 26.000 demandeurs de logements qui souffrent en silence.

Il y a les victimes directes et collatérales des décisions de l’UMP de casser les grands projets réunionnais qui étaient en cours de réalisation ainsi que les coupes abruptes dans des programmes d’investissement en énergies renouvelables, sans oublier les incohérences gouvernementales en matière de défiscalisation. Le patronat réunionnais s’est senti humilié après la déclaration du ministre selon laquelle dans « chaque niche fiscale, il y a un gros chien ».

Il y a le déni démocratique et le manque de respect vis-à-vis des syndicats qui sont pourtant reconnus par la constitution de la République dont, en principe, un ministre doit être le serviteur et non le profiteur.

Pas un mot de compassion. Mais une occasion supplémentaire pour un cadre de l’UMP d’utiliser à son seul profit le service public audiovisuel, payé par les redevances des citoyens. Sans contradicteur. De la promotion UMP gratuite. Le CSA va-t-il laisser faire ?

J.B.


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