Edito

Penchard : trop fort la blague !

Témoignages.re / 6 octobre 2010

Après Didier Robert qui démolit tout ce qui ne vient pas de lui, après les explications de François Baroin sur les décisions budgétaires du gouvernement, c’est Mme Penchard qui apporte ses commentaires sur son budget de l’Outre-mer. Si le monde économique avait encore un doute sur l’absence de cohérence et de volonté politique pour redresser une situation passablement dégradée, il est servi. Qu’on en juge.

Elle déclare dans le "Jir" d’hier : « la confiance est le moteur de l’économie ». Depuis, l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, en 2007, elle est la troisième ministre de l’Outre-mer. Un record. Qu’a fait ce gouvernement pour mériter « la confiance » des citoyens devant cette valse ministérielle ?
Comment les professionnels ne seraient-ils pas inquiets pour leur avenir quand elle souligne que le montant de la ponction outre-mer s’élève à 340 millions, répartis ainsi : 110 millions issus du coup de rabot sur l’investissement productif et 230 millions récupérés sur le photovoltaïque ?

Faut-il faire confiance à Mme Penchard quand elle écrit avec cynisme que « ce qu’une loi fait aujourd’hui, demain une autre loi peut le défaire » ? En clair, cela veut dire que vous n’avez encore rien vu, le gouvernement peut à n’importe quel moment remettre en cause sa parole. Il suffit d’une loi votée par sa majorité. À La Réunion, nous en connaissons un rayon : n’est-ce pas elle qui a affirmé que le protocole de Matignon sera redéployé « au franc le franc » ?
Enfin, les professionnels du photovoltaïque vont apprécier quand elle affirme : « les capacités atteintes par les énergies renouvelables (…) avoisinent les 30%, pourcentage qu’il n’est pas possible de dépasser. (…) nous avons déjà pratiquement atteint ce seuil ». Or, en début d’année, Sarkozy et Mme Penchard étaient venus à Pierrefonds vanter les mérites du photovoltaïque. Voilà un gouvernement et ses experts incapables de faire des prévisions à 9 mois près. Un peu léger comme argument.

À part cela, elle nous met en garde à ne pas « afficher des postures politiques anxiogènes » qui risquent de faire fuir les investisseurs, car « la confiance est le moteur de l’économie ». Comme son ami Didier Robert, trop fort la blague !

J.B.


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