Edito

Peut-on mourir à 104 ans ?

J.B. / 8 décembre 2012

Il aurait eu 105 ans le 15 décembre, il est parti un peu avant. Dans cette vie tout étonne : l’âge, le travail, les idées, la résistance à la mort. Bref, tout est exceptionnel. Le monde entier parle de lui et son œuvre. Notre journal « Témoignages » également était à la page. Mais c’est surtout le Brésil qui lui rend le plus grand hommage.

RFI rapporte ainsi : « Au Brésil, les quotidiens nationaux mais également les radios et les télévisions rendent hommage à l’architecte Oscar Niemeyer, décédé hier à l’âge de 104 ans.
L’une des plus belles Une est l’œuvre du quotidien Correio Braziliense : une première page entièrement blanche avec une photo en médaillon de l’architecte. En dessous on y voit un dessin typique, c’est-à-dire avec des courbes de celui qui a construit Brasilia, où l’on peut lire  Adeus (« adieu »). Enfin, sous ce croquis, un hommage du quotidien : « Le cœur de l’homme qui a forgé l’âme de Brasilia, en courbes entrelacées de béton et de vitres, ce cœur s’est arrêté de battre hier à 21 heures 55, à Rio, dix jours avant d’atteindre les 105 ans ». Le quotidien de Brasilia a également placé une citation de la présidente, Dilma Rousseff, qui résume parfaitement l’aura dont bénéficiait Oscar Niemeyer dans son pays, mais également dans le reste du monde : «  Le Brésil a perdu un de ses génies  ».

Monstre sacré de l’architecture, Niemeyer a construit la capitale brésilienne, mais également de nombreux bâtiments à l’étranger, comme le siège du Parti communiste en France. Son projet de mosquée à Alger, dessinée dans les années 1960, est désormais en cours de construction à Oran.
La Folha de Sao Paulo a interrogé cinq lauréats du prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l’architecture. Le Français Jean Nouvel, créateur entre autre de l’Institut de monde arabe à Paris, «  admire Niemeyer pour sa relation entre l’ombre et la lumière, de Brasilia à Constantine, pour sa relation avec l’abstraction, la blancheur, le ciel, le paysage et la ville  ». Pour l’architecte irako-britannique Zaha Hadid, «  Niemeyer est celui qui a introduit la liberté dans les constructions. Son travail a été une bouffée d’oxygène pour l’architecture  ». Christian De Portzamprac, autre lauréat du prix Pritzker, estime qu’Oscar Niemeyer «  a séduit le monde en introduisant la sensualité et la pureté des courbes dans le béton. Certains de ses travaux ont ouvert une nouvelle page dans l’histoire de l’architecture  ». Le décès d’Oscar Niemeyer a bouleversé le Brésil, une nouvelle qui va encore faire couler beaucoup d’encre. »

Nous aurions pu prendre d’autres pays de référence. A des degrés divers, l’hommage est unanime. Pour sûr, on n’a pas fini de parler de lui. Partout. L’œuvre est tellement immense que l’individu devient immortel. L’âge importe peu !

Ary Yee Chong Tchi Kan


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