Edito

Pire que prévu

Manuel Marchal / 1er février 2011

En 2004, Nicolas Sarkozy était ministre de l’Économie. C’est donc sous la responsabilité de son ministère qu’a été fait le projet de budget 2005. Ce budget se basait sur un baril de pétrole à 36,5 dollars, prix à partir duquel Nicolas Sarkozy avait annoncé une croissance économique de 2,5% pour 2005. Mais au mois d’octobre 2004, c’est-à-dire avant même le débat parlementaire, le prix du baril était déjà à 50 dollars !
Bien entendu, les 2,5% n’ont donc pas pu être atteints, et c’est le peuple qui a payé le prix de cette erreur.

Depuis, Nicolas Sarkozy est devenu président de la République. En ce moment, le baril de pétrole frôle la barre des 100 dollars, mais cela n’empêche pas l’ex-ministre de l’Économie de promettre des taux de croissance mirobolants.
Dans un article publié hier sur son blog (1), Pierre Vergès rappelle que le gouvernement prévoit pour 2012 un taux de croissance de 2,5%, et de 2% pour cette année. Or cette dernière prévision contredit celle du Fonds monétaire international, qui s’attend à 1,6%.
Puisque le gouvernement construit son budget en fonction d’un taux de croissance donné, cela veut dire qu’en dessous, il aura des recettes fiscales inférieures à ses prévisions.

Cet écart introduit donc un déficit, mais le gouvernement a décidé d’imposer un plan de rigueur impitoyable, ce qui lui interdit d’augmenter la dette. 2011 est la première année d’application de ce plan, et les dégâts sont considérables pour la population. Mais ils seront encore plus grands en 2012 car le gouvernement a construit ses restrictions sur la base de recettes hypothétiques, sans doute supérieures à la réalité. Cela veut dire que pour atteindre son objectif, le gouvernement se désengagera encore plus que ce qui est prévu. Autrement dit, si ce gouvernement reste encore en place, il fera bien pire que ce qui est annoncé.

M.M.

(1) http://blog.pierreverges.fr


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