Edito

Placez les 300 Nigérianes kidnappées en haut du podium

Témoignages.re / 26 juin 2014

De nouveaux enlèvements de jeunes filles ont eu lieu au Nigéria. Selon les informations qui circulent, apparemment, les auteurs du rapt seraient Boko-Haram, un groupe présenté comme radical. Celui-ci se serait déjà illustré dans ce grand pays d’Afrique, en arrachant plus de 200 jeunes filles à leur famille. Il y a 2 mois de cela, le monde entier s’était ému de cette situation effroyable mais sans résultat positif jusqu’à ce jour. Le nouveau drame interpelle : comment cette récidive a-t-elle pu être possible ? Encore combien la prochaine fois ?

On se rappelle qu’au début du mois de mai, Michèle Obama avait réussi à soulever l’indignation de l’opinion mondiale contre l’enlèvement de ces jeunes Nigérianes. A l’issue d’un discours, elle avait lancé un hastag qui avait déferlé sur les réseaux sociaux : #BringBackOurGirls (rendez-nous nos filles). Ici, même, à La Réunion, plusieurs initiatives ont été prises pour s’indigner du sort de ces personnes. Depuis, on reste étonné de l’absence du moindre indice.

Pourtant, il est prouvé que les Etats-Unis disposent de moyens exceptionnels pour espionner tout le monde, y compris des chefs d’état. Le consultant de la NSA, Edward Snowden, a fourni beaucoup de détails sur cette entorse au droit individuel et à la souveraineté des Etats. Compte tenu de ces capacités, comment des groupes de gens aussi dangereux que ces kidnappeurs peuvent-ils se déplacer en toute impunité et agir avec autant d’aisance ? Pourquoi, les pays occidentaux qui disposent de puissants moyens d’intervention et de prévention, n’ont-ils rien découvert jusqu’à ce jour ? Et les autorités nigérianes, elles-mêmes,...Qu’y a-t-il de plus prioritaire ?

N’est-ce pas indécent d’organiser une grande fête mondiale à travers le sport au Brésil, pendant que 300 jeunes filles sont traitées en esclaves quelques part en Afrique ? Jusqu’ici, les organisateurs n’ont pas eu un seul mot de compassion envers ces jeunes, pourquoi ? Même pas un message de Dilma Roussef, une femme, présidente du Brésil, pays organisateur.

On parle tellement des frasques des femmes de footballeurs qu’on aurait pu se saisir de cet événement mondial qui touche la jeunesse pour lancer un message de fraternité et de respect.
Rappelons-nous, en 1968, aux JO de Mexico, des athlètes noirs américains sont montés sur le podium, le poing vers le ciel ou un béret noir sur la tête, pour dénoncer la ségrégation raciale dont les noirs étaient victimes aux Etats Unis. Il reste encore suffisamment de match pour placer les 300 filles kidnappées en haut du podium de la coupe du monde de football.

Ary Yée Chong Tchi Kan


Kanalreunion.com