Edito

Planteurs sinistrés : où sont les décisions ?

J.B. / 11 janvier 2013

Mercredi, Roland Robert, maire de La Possession, était à la rencontre des planteurs de Dos d’Âne. Il a pu voir des champs de laitues totalement perdus pour la vente ainsi que des agriculteurs écoeurés. Il faut réagir. Vite. Ils avancent l’idée d’un fonds de compensation qui puisse intervenir rapidement et localement. Une idée à creuser.

Au lendemain du cyclone, nous avons vu les responsables politiques et les techniciens agir en urgence pour faire face aux coupures d’eau, aux routes endommagées et à la pénurie d’électricité. Quasiment heure par heure, des personnes compétentes communiquent sur l’état d’avancement des travaux de réparation. Ils font le bilan réel des actions entreprises ainsi que la sécurisation de ceux qui sont encore dans la peine. Il en était de même pour les transports aériens qui ont été très perturbés durant la période d’alerte.

La question est donc la suivante : pourquoi les planteurs sinistrés n’obtiennent-ils pas des pouvoirs publics la même diligence pour traiter de leur situation catastrophique ? Par comparaison, pourquoi EDF a-t-elle déjà annoncé 1,5 million de dépenses tandis que l’État et les services concernés sont en train de tergiverser pour évaluer et rétribuer les agriculteurs victimes ? Pourquoi le ministre des Outre-mer n’a-t-il dépêché personne sur place pour réconforter les victimes et apporter la solidarité agissante du gouvernement ?

Les agriculteurs sont des producteurs, c’est-à-dire s’ils ne peuvent pas vendre ce qu’ils produisent, ils ne peuvent pas avoir de rentrées d’argent pour acheter ce dont ils ont besoin. Ils ont donc un besoin urgent de trésorerie pour relancer la production anéantie ou investir dans une autre spéculation agricole. Parallèlement, ils doivent disposer des moyens financiers pour faire vivre la famille, pour faire la jointure entre 2 récoltes. Bien entendu le rapport de classe fait que les gros agriculteurs n’ont pas les mêmes besoins que les petits et moyens planteurs. En effet, les premiers disposent d’une capacité de trésorerie que les seconds n’ont pas.

Une semaine après les évènements, il n’y a toujours aucune déclaration de catastrophe climatique qui puisse ouvrir droit à des indemnisations. Les parlementaires qui sont en même temps maires de communes rurales se taisent.

J.B.


Kanalreunion.com