Edito

Plus d’un milliard de fonds publics injectés dans le BTP

J.B. / 3 février 2017

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Le Haut conseil de la commande publique s’est réuni hier à Saint-Denis. Il a permis de rappeler la part importante des fonds publics dans l’activité économique. En 2016, la commande publique représentait 85 % du chiffre d’affaires du BTP, c’est deux fois plus qu’au début des années 2000. Elle a atteint l’an dernier 1,1 milliard d’euros. Dans le même temps, la commande privée s’est élevée à 200 millions d’euros, alors qu’elle atteignait 500 millions d’euros au début des années 2000.

Du côté de l’État, la commande publique s’oriente principalement vers la construction et la rénovation de logements sociaux, pour un total de 212,7 millions d’euros, dont plus de la moitié en défiscalisation. Cette somme a permis la mise en chantier de 1.586 logements sociaux et la réhabilitation de 407. Malgré tous les efforts, les chiffres sont loin des besoins. Le Plan logement outre-mer les a estimés à 10.000 logements neufs ou réhabilité par an. Compte-tenu du poids démographique de La Réunion dans l’outre-mer, cela veut dire 5.000 par an. On est donc à moins de la moitié de l’objectif que l’État s’est lui-même fixé. Et il ne sera pas non plus atteint en 2017, car le chiffre de 3.000 logements neufs et réhabilité est annoncé.

Au niveau des effectifs dans le BTP, ils comptaient 16.676 emplois en moyenne l’année dernière. C’est quasiment 10.000 de moins qu’à l’époque où Paul Vergès présidait la Région Réunion et impulsait une politique de grands travaux qui dynamisait toute l’économie. Manifestement, notre île est encore loin de se relever des décisions prises par plusieurs élus qui ont choisi de stopper des grands projets tels que le Pôle océan, l’hippodrome de Cambaie, le tram-train ou la nouvelle route du littoral. Force est de constater que le chantier de route en mer est loin de correspondre aux promesses en termes d’emplois, avec à peine 1.000 salariés alors que les sommes investies dépasseront probablement 2 milliards d’euros pour seulement 12 kilomètres.

Plus d’un milliard d’euros de fonds publics ont donc été injectés dans le secteur du BTP. Cela permet au mieux de stabiliser les effectifs, et cela ne suffit pas à répondre aux besoins en termes d’équipements et de logements. Cela démontre la fragilité de l’économie réunionnaise, fortement dépendante des transferts publics. Cette situation ne permet pas d’avoir une bonne visibilité de l’avenir, car ces transferts sont liés à la conjoncture en France. Toute nouvelle aggravation de la politique d’austérité ne pourra donc qu’avoir de dramatiques conséquences à La Réunion.

J.B.