Edito

Plus de 30 millions de personnes menacées par la famine en Afrique australe, mais à La Réunion la priorité est l’Euro de foot…

J.B. / 2 juillet 2016

Depuis plusieurs mois, le Sud de Madagascar est touché par une grave crise. C’est la conséquence de plusieurs années marquées par la sécheresse. Le rendement des récoltes a brutalement chuté. La nourriture manque, plus d’un million de personnes sont touchées. L’heure est à l’urgence. Le Comité de Solidarité de Madagascar et le Secours populaire sont passés à l’action pour sauver des vies. Cette crise s’étend à toute notre région. L’UNICEF (Organisation des Nations Unies chargée de la protection de l’enfance) a tiré la sonnette d’alarme. Plus de 31 millions de personnes vivant en Afrique australe sont victimes de la malnutrition. Cela touche particulièrement les enfants. Ces derniers risquent de porter toute leur vie les séquelles de cette sous-alimentation. Voici ce qu’indique l’UNICEF, à la suite d’un séjour de son ambassadeur David Beckham au Swaziland :

Une série de chocs climatiques en 2014 et 2015 a ruiné les récoltes et épuisé les sources d’eau, un des phénomènes météorologiques liés à El Niño les plus puissants en cinquante ans ayant aggravé la sécheresse dans tout le pays. L’ampleur de la crise actuelle est sans précédent, des crises alimentaires se produisant parallèlement dans dix pays de la région et touchant quelque 26 millions d’enfants.

L’UNICEF collabore actuellement avec les gouvernements et ses partenaires de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe pour diminuer l’impact de la sécheresse et pour apporter l’aide humanitaire indispensable mais a de toute urgence besoin de 226 millions de dollars des É.-U. pour 2016. Actuellement, l’aide humanitaire ne progresse pas au même rythme que les gigantesques besoins des enfants, les appels pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe n’étant financés qu’à concurrence de moins de la moitié du niveau souhaité.

« Cette sécheresse – la pire en trente-cinq ans – est en train d’accroître les vulnérabilités pour les enfants de toute la région et met en péril des milliers de vies et de modes de vies », a déclaré Leila Gharagozloo-Pakkala, Directrice régionale à l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. « Ceci est particulièrement évident dans les communautés touchées par le VIH en Afrique australe, l’épicentre mondial de la pandémie de SIDA. Les personnes vivant avec le VIH sont extrêmement vulnérables à l’insécurité alimentaire, à la malnutrition et aux chocs touchant leurs revenus. Si nous voulons protéger les progrès importants que nous avons réalisés dans la prévention et le traitement du VIH dans la région, alors il est impératif que la communauté internationale se manifeste pour limiter les effets que cette sécheresse permanente est en train d’avoir sur de nombreux enfants et familles du continent. »

C’est à nos portes que se déroule la plus grave crise alimentaire du monde. Elle touche plus de 30 millions de personnes. Mais à La Réunion, elle est traitée bien discrètement. Loin derrière l’Euro de football. Si les victimes de cette crise savait cela, quelle image de La Réunion auraient-ils ? Pourraient-elles pardonner à une population prise au piège de la diversion ?

J.B.


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