Edito

Pourquoi ce silence sur la fin du cumul des mandats ?

J.B. / 26 mai 2012

2012 : le changement. Quel changement ? Par qui ? Pour qui ? Tel est le mot d’ordre dévoilé le 19 février dernier lors de la Conférence extraordinaire du Parti Communiste Réunionnais à Sainte-Suzanne.
Trois mois plus tard, le changement est effectif à la tête de l’État avec l’élection de François Hollande. Dans 15 jours, c’est le premier tour des législatives. Force est de constater que c’est la débandade à l’UMP. En France, ses dirigeants sont concentrés sur le prochain Congrès de ce parti qui doit se tenir dans 4 mois. Ils se déchirent pour savoir qui prendra la présidence de l’UMP, et qui sera donc le chef de l’opposition.
En effet, la volonté de changement est tellement grande que l’UMP se projette au-delà des législatives qui seront gagnées par la nouvelle majorité présidentielle.

À La Réunion, c’est encore plus évident. L’UMP a déjà déclaré forfait dans une circonscription où elle ne présentera pas de candidats. Dans cette circonscription désertée par le parti qui dirige la Région, la plus grande ville est Le Tampon, la commune où Didier Robert est conseiller municipal. C’est tout le symbole de la défaite cinglante que l’UMP se prépare déjà à subir.
Cela signifie que dans trois semaines, la majorité présidentielle sera aussi la majorité parlementaire. Elle pourra donc commencer à appliquer le programme de François Hollande. Une des mesures prioritaires du programme du nouveau président de la République touche à l’organisation des pouvoirs. Ce sera le vote d’une loi mettant fin au cumul des mandats.

L’application de cette loi sera le point de départ du renouvellement de la classe politique. Il ne sera notamment plus possible d’être à la tête d’une collectivité tout en étant député. L’objectif final restant une personne-un mandat-une indemnité, cela démontre bien que les orientations du dernier Congrès du PCR étaient bien en phase avec l’évolution des institutions qu’accomplira le nouveau gouvernement. Car la fin du cumul des mandats sera le moyen d’accélérer l’application de la loi sur la parité, et de donner davantage de responsabilités aux jeunes générations.
La conséquence de cette mesure, c’est que de nombreux députés seront concernés par son application. Il y a déjà 10 maires en lice à La Réunion, que vont-ils choisir en cas d’élection ? Que fera la présidente du Conseil général ?
Mardi, lors d’une conférence de presse, Paul Vergès et Élie Hoarau ont indiqué que d’ores et déjà Maurice Gironcel et Jean-Yves Langenier ont expliqué qu’après leur élection, ils poseront cette question à leur section communiste et à leur majorité municipale.
Quel sera le choix des autres élus qui seront dans la même situation ? Pourquoi ce silence ?

J.B.


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