Edito

Pourquoi Didier Robert et ses amis ont-ils si peur du train ?

J.B. / 13 juillet 2015

Aussi vieux que le chemin de fer, le monorail n’a pas réussi à percer. Plutôt que d’utiliser les emprises disponibles pour continuer le chantier du train lancé par Paul Vergès, Didier Robert sort de son chapeau un incroyable monorail construit dans les airs. Pourquoi donc Didier Robert et ses amis ont-ils si peur du train ?

Didier Robert a lancé sa candidature samedi et certains sont tombés dans le panneau du monorail, relayant sans recul une nouvelle promesse de campagne. Le monorail est contemporain du chemin de fer. Il faut donc s’interroger sur les raisons qui ont poussé tous les pays du monde, y compris La Réunion, à choisir le train avec deux rails parallèles quand ils ont construits leurs réseaux ferrés au 19e siècle. Si cela avait été moins cher et plus efficace, le monorail aurait été préféré au chemin de fer pour les liaisons entre les villes.

Ce mode de transport a évolué en parallèle du chemin de fer. Il a pour but de répondre à des demandes bien précises : désengorger des centres urbains densément peuplés déjà équipés de chemin de fer, assurer la desserte de centres commerciaux ou d’aéroports. C’est aussi un moyen pour attirer du public dans les parcs d’attraction. Le monorail est un des symboles de Disneyland.

Contrairement à ce que dit Didier Robert, le monorail à La Réunion ne sera pas une solution plus économique. Sur l’itinéraire entre l’aéroport et le centre-ville, il faudrait installer plusieurs kilomètres de ligne aérienne. Or, les premiers travaux du tram-train ont déjà garanti les emprises pour poser les rails. C’est notamment le cas du dernier pont de la rivière des Pluies, avec la place pour deux voies de chemin de fer sur la chaussée aval. Il est ensuite assez simple de poursuivre sur le TCSP de Saint-Denis, dont la largeur permet le passage de deux voies ferrés sous forme de tram : tout est déjà prêt, il suffit de poser les rails. Le projet de Didier Robert impose la réalisation d’une infrastructure nouvelle, avec des viaducs à construire sur toute la longueur de la ligne.

Il est donc évident que la solution la plus économique est de poursuivre le chantier du train lancé par Paul Vergès. Le choix du monorail est à rechercher ailleurs…



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  • Didier Robert et son équipe n’ont pas eu peur du tram train. Je pense même que s’ils étaient à la présidence de la région Réunion lorsque le projet de tram train a été proposé par le président Paul verges ils auraient probablement proposé la même chose . Mais le jeu politicien de la politique veut que pour gagner il faut souvent prendre à contrepied les projets de son adversaire et les démolir même s’il sont bons .

    Car en réalité le projet de tram train proposé par monsieur Paul Verges pour l’île de la Réunion était déjà globalement un bon projet , mais il nécessitait seulement quelques amendements pour satisfaire tout le monde .

    Si les réunionnais avait été consultés par référendum sur ce projet , je pense qu’ils l’auraient approuvé avec quelques correction pour faire l’unanimité.

    Une ligne de tram train reliant Saint Benoit et Joseph en passant par Saint Denis (sans oublier La montagne qui est une zone qui peut recevoir dans un avenir proche plus de 50000 habitants ) était une bonne solution , mais comme les trains du réseau express régional (RER)de la région parisienne , elle ne devrait pas prendre plus 60 minutes pour faire le trajet . Pour cela il fallait qu’elle soit conçue pour faire circuler des trains à grande vitesse entre chaque station et par conséquent il fallait limiter les stations . Au lieu d’une quarantaine de stations on aurait pu se contenter dans un premier temps d’une vingtaine de stations, quitte à augmenter ce nombre en fonction de l’évolution de la population des diverses localités secondaires positionnées sur son trajet . Et lorsque les réunionnais auraient montré leur engouement pour ce moyen de transport , on leur aurait donné des trains directs ou semi directs desservant les villes principales et des trains desservant toutes les stations .

    Dans cette optique , les lignes de bus interurbaines auraient pu continuer de jouer un rôle important entre les points non desservis par le tram train sans être concurrencées par celui ci , et les gares principales du tram train auraient été connectées avec les gares routières interurbaines , elles mêmes connectées avec les points de centralisation des réseaux de bus urbains des grandes villes .

    Au lieu de proposer un projet de monorail qui ne compterait que deux tronçons , l’un dans le nord reliant saint Marie et Saint Denis et l’autre dans le sud reliant Saint Pierre et Saint Louis , je pense que le président de la Région Réunion candidat à sa propre succession, monsieur Didier Robert devrait reprendre à son compte un projet de tram train évolutif en fonction de l’évolution du trafic et plus en cohérence avec les autres moyens de transports collectifs existant déjà, grâce notamment à la construction de zones d’interconnection de ces moyens de transport dans lesquels les usagers auraient la possibilité de garer leur voiture personnelle. Le tram train ne devrait pas supprimer l’usage des véhicules automobiles mais faciliter les passages d’un lieu à un autre .

    Concernant l’idée de train monorail, elle n’est pas forcément mauvaise. Il y en France et dans d’autres régions du monde notamment au canada des villes qui ont déjà qui adopté cette solution , mais dans l’esprit que je viens d’indiquer .

    Il faudrait donc commencer par faire avancer le projet de tram train avant de proposer un monorail. Une fois ce tram train réalisé , le monorail sera sûrement le bienvenu pour faciliter l’accès à ses principales gares des populations résidant dans les villes moyennes situées dans les hauts de l’île entre 400 et 500 m d’altitude notamment dans l’ouest et le sud de l’île . On pourrait même imaginer une ligne de monorail reliant entre elles toutes les villes situées entre 400 et 500 m d’altitude parallèlement à la ligne de tram train située sur le littoral . La liaison entre ces deux lignes étant réalisée par des bus ou par des monorails, mais pas avant que la population de la Réunion n’ait atteint les 1,5 millions d’habitants .

    En attendant si on a encore de l’argent après la construction de la fameuse route sur la mer ,( si tant est qu’elle soit terminée un jour ) on pourrait s’atteler à autre chose, comme par exemple, le projet de réaliser une immense retenue sur le site du Grand étang de Saint Benoit ,qui permettrait de transporter une dizaine de m3 d’eau par seconde dans la région du Tampon pour compléter les eaux des bras de la plaine , de Cilaos et de Salazie et de distribuer sur toute la région Est comprise entre saint Anne et Saint Denis une autre dizaine de m3 par seconde . Le tunnel nécessaire au transport de l’eau pourrait également laisser passer une trois voies pour relier plus rapidement le Sud et L’Est de l’île.

    Ces travaux qui créeraient de nouveaux emplois pour les Réunionnais , leur permettraient également d’envisager non seulement une sérieuse augmentation de leur production d’énergie hydroélectrique mais également de programmer efficacement une véritable diversification de l’agriculture réunionnaise encore trop basée sur la monoculture de la canne à sucre .

    Avec de l’eau en abondance les réunionnais pourraient affecter une bonne partie de leurs terres agricoles à d’autres productions que la cannes à sucre qui est déjà menacées par la nécessité pour toutes les régions françaises de se mettre en conformité avec la législations européennes qui interdit les aides qui peuvent fausser la concurrence . Parmi ces productions je vois notamment la production à moyen terme d’environ 80000 tonnes de riz , de 100000 tonnes de bananes et également de 100000 tonnes de cacao . Cette nouvelle orientation notre agriculture devrait bien entendu déboucher également sur l’ouverture de nouvelles usines agroalimentaires qui permettront de transformer ces produits pour la consommation locale mais aussi pour des exportations sur les marchés européens et mondiaux .

    Sur cette lancée , avec ses paysages magnifiques , son soleil ,sa culture unique, son accueil chaleureux etcet... La Réunion pourrait être non seulement l’un des plus beaux départements de la France , mais aussi l’un des plus riches . Si bien que le président de la république pourrait y avoir une résidence secondaire où il pourrait réunir de temps en temps tous ses ministres qui seront très heureux de joindre l’utile à l’agréable en travaillant au bonheur de tous les Français tout en étant au soleil .

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  • Pour vous convaincre que ce que je vous ai dit précédemment sur ce possible avenir de la Réunion n’est pas utopique , je signalerais qu’une retenue artificielle sur le site du grand étang pourrait retenir jusqu’à 800 millions de m3 d’eau collectée pendant la saison des pluies grâce des tunnels la reliant aux ravines proches , notamment la ravine sèche et le bras cabot situées juste à proximité .

    Il faut savoir également que le rendement des rizières peut atteindre 10 tonnes/ha en comptant sur deux à trois récoltes par an, que les meilleurs rendement du cacaoyer peuvent monter jusqu’à 4 tonnes de fèves ha en utilisant des semences génétiquement modifiées , et que la production de bananes des Antilles françaises s’élève actuellement à environ 300000 tonnes sur une surface agricole relativement réduite ;

    Ces chiffres montrent bien qu’il y a réellement une possibilité de diversification de l’agriculture de la Réunion avec d’autres grandes cultures que la canne à sucre .
    Bien entendu on continuerait de cultiver notre canne à sucre là ou elle est rentable et n’a pas besoin d’être soutenue par une aide nationale ou européenne. Il ne s’agit pas non plus de fermer une filière dans laquelle nous avons tant investi pour faire plaisir aux technocrates européens , même si leur attitude dans la crise grecque actuelle nous montre qu’ils sont capables de férocité .

    La diversification de l’agriculture permettrait d’augmenter considérablement la surface des terres affectées à l’agriculture sur l’île , en utilisant un peu mieux les surfaces des hauts ,notamment celles des cirques où on peut cultiver du riz de montagne ou du café , tel que le café Bourbon pointu par exemple dont la réputation n’est plus à faire , celles des plateaux de la Plaine des Palmistes et de la Plaine des Cafres qui pourraient être affectées de nouveau en partie sans mettre en danger les élevages de bovins ou de moutons, à la plantation de thé et peut être cette fois ci avec plus de succès que la tentative entreprise dans les années 1960. Ce qui a été possible sur les hautes terres mauriciennes devrait être également possible à la Réunion , il suffit de s’en donner les moyens .

    Cette diversification de l’agriculture en remplaçant une partie des terres affectées à la canne à sucre mais également en allant conquérir d’autres terres encore en friche ou abandonnées ,devrait également permettre un développement sensible des autres filières agricoles telles que l’arboriculture fruitière, et l’horticulture , le maraichage , les cultures vivrières , qui pourraient trouver une place suffisante en intercalaire des autres cultures tel que l’arboriculture fruitière ou dans les cacaoyères , mais également de l’élevage de manière générale. Car le remplacement de la canne par d’autres cultures telles que la banane ou les cultures maraichères permettrait de trouver en abondance de quoi alimenter les animaux , après usinage ou pas .

    Certes la canne a été pendant longtemps la meilleure culture pour résister aux cyclones , mais l’expérience nous montre que l’on peut utiliser la végétation pour réaliser des protections efficaces contre les vents et que les protections artificielles ne sont pas si couteuses que cela . En outre la saison cyclonique ne dure que quelques mois tandis que pour de nombreuses cultures , on peut envisager plusieurs récolte par an Ce qui permet aux agriculteurs de pouvoir compter quand même sur un revenu après une saison cyclonique difficile .

    L’abondance d’eau fournie par les captages destinés à l’agriculture devrait permettre également de développer la pisciculture en eau douce et d’envisager une production non seulement pour la consommation locale mais également pour l’exportation .

    Enfin dans la liste des moyens à mettre en oeuvre pour assurer un enrichissement de l’île et de ses habitants , il ne faut pas oublier cette ressource fantastique qu’est le débit très important de l’eau pure rejetée par la centrale hydroélectrique de la rivière de l’Est. Il suffirait de déplacer de quelques mètres plus haut l’emplacement des turbines hydrauliques pour pouvoir installer un point de collecte de l’eau pour des tankers venus des pays où l’eau pure est un produit rare et plus cher que le pétrole ( ce déplacement n’est peut être pas nécessaire ).

    Au prix de un centime d’euro le litre d’eau cette ressource pourrait rapporter plus de 2milliards d’euros par an à la Réunion , et même si on ne pourrait en vendre que la moitié cela ferait quand même 1millard d’euros . Ce n’est pas rien, et ça mérite peut être que l’on y réfléchisse, quand on sait que le prix de vente d’un litre d’eau en bouteille dans le commerce est actuellement de l’ordre de 1 euro , et que ce prix a augmenté de plus de 60% depuis une dizaine d’année et continuera probablement à monter .

    Je me trompe peut être , mais cette perspective de développement et de croissance de l’économie réunionnaise qui ne serait pas basées sur l’exploitation de combustibles fossiles et polluants mais sur le travail et l’intelligence des réunionnais devraient inciter leurs hommes politiques à arrêter de saboter mutuellement leurs projets pour pouvoir gagner une élection mais sans pour autant apporter à leurs électeurs une alternative plus crédibles que celle de leurs adversaires .

    Cela ne relève quand même pas du miracle. Vous ne croyez pas ?

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