Edito

Pourquoi la classe politique et les médias maintiennent-ils les Réunionnais dans l’ignorance ?

J.B. / 21 mai 2014

Dimanche, on vote. Nous avons vu dans nos deux derniers papiers l’importance de ce scrutin. Pourtant, la tendance est de dire que ces élections ne passionnent pas les foules. A qui la faute ? Les médias reprennent en boucle cette assertion, conditionnent l’opinion, sans interroger la classe politique sur ses responsabilités dans cette faillite monumentale. Comparées aux Municipales, « y a pas photo » ! C’est là qu’on trompe l’opinion.

En effet, les autorités européennes ont demandé à la France de supprimer l’Octroi de Mer, une fiscalité indirecte considérée comme une taxe à l’importation. En 2004, la France a été obligée de présenter un nouveau régime qui taxe également les produits locaux. Un délai a été accordé pour 10 années supplémentaires. La France avait jusqu’au 1er juillet 2014 pour faire le bilan. Elle n’était pas prête, et le Député au Parlement Européen Younous Omarjee a pu obtenir un report de 6 mois. Mais à la fin du délai, qu’est ce qu’on fait ? Non seulement le problème n’a pas été au cœur des enjeux des dernières Municipales, mais il est superbement ignoré par la plupart des candidats aux Européennes.
Or, l’octroi de mer rapporte environs un milliard d’euros dans les 4 Dom. Il est réparti entre les Collectivités et soutient quelques filières économiques. Tous les consommateurs sont concernés.

Cette fiscalité est menacée et la classe politique ne fait rien de plus pour informer les Réunionnais des propositions alternatives. Les médias ne jouent pas leur rôle de contre pouvoir et aseptisent une opinion, sciemment déconnectée de la réflexion sur son avenir. Ils sont tellement occupés à fabriquer des créatures médiatiques érigées en vertu et compétences pour combattre le PCR. C’est le moment pour toutes ces créatures artificielles de publier leurs propositions de réforme ! Il reste encore 4 jours avant les élections ! Les consommateurs piaffent d’impatience !

Croyons-nous vraiment que si le service public, payé sur nos redevances faisait l’effort d’ouvrir ce genre de débat avec la population, la participation aux élections n’aurait pas été meilleure ? Il en est de même de la fin du quota sucrier et ses conséquences pour 23 communes où la culture de la canne est historique. Quelles solutions les Maires des communes concernées proposent-ils aux futurs candidats ? Comment croire que la population aurait été indifférente si ces enjeux étaient mis en avant ? Les politiques et les médias maintiennent les Réunionnais dans l’ignorance à cause de leur position de classe sociale, totalement hermétique à ces problèmes essentiels qui concernent leurs compatriotes. On finit dans un simulacre de débat à Réunion 1ère où même le minimum n’est pas respecté. Honteux !

J.B.


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