Edito

Pourquoi les dirigeants politiques français ont-ils eu si peu de reconnaissance vis-à-vis des peuples qui les ont aidés à libérer leur territoire de l’occupation Nazi ?

J.B. / 24 décembre 2012

François Hollande vient d’effectuer une importante visite en Algérie en reconnaissant que la colonisation a été une souffrance pour les Algériens. C’est une démarche conforme à l’état d’esprit d’il y a quelques mois lorsque La France avait reconnu le massacre des Algériens à Paris. Un demi siècle après ces évènements, il est intéressant de se poser la question de savoir pourquoi, au lendemain de la guerre 39-45, alors que La France qui avait reçu la solidarité de partout, ses dirigeants politiques ont fait la guerre contre ces peuples au lieu d’ouvrir le dialogue ?

Plus près de nous en 1947, c’est à Madagascar qu’à eu le massacre de plus de 100.000 malgaches et là encore on reste surpris : pourquoi les dirigeants français avaient-ils si peu de considération vis-à-vis du peuple malgache dont beaucoup de fils et de filles avaient perdu la vie sur le terrain militaire pour libérer la France ? On pourrait dire la même chose pour le Vietnam en Indochine.

La France tarde à tirer toutes les leçons de ses relations avec les peuples. Elle tente de s’adapter au nouveau monde mais l’état d’esprit reste le même. On peut admettre que les Français avaient du mal à accepter une amputation de leur empire colonial, mais tel n’est pas le cas.

En effet, les dirigeants politiques des 4 vielles colonies (Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion) avaient demandé leur intégration à La France via la loi du 19 mars 1946, et là encore refus de respecter les choix fondamentaux des peuples d’Outre-Mer. Ce qui était prévu dans la loi, il a fallu 50 ans et beaucoup de souffrances pour pouvoir l’obtenir.

Ainsi dans les deux cas, indépendance ou intégration, les dirigeants politiques français ont un énorme problème culturel dans leur relation avec les peuples du monde.

Ce qui est encore plus grave, c’est que désormais la gauche française est devenue plus assimilationniste que jamais. On constate la tendance d’une nouvelle gauche qui nie l’existence des peuples d’Outre-Mer.

Quand on voit les gestes de Hollande en Algérie, on se demande pourquoi avoir attendu 50 ans pour reconnaître l’évidence : les peuples ont droit à liberté. François Hollande gagnerait à marquer son quinquennat par des gestes symboliques forts vis-à-vis des peuples d’Outre-Mer et mettre fin à l’assimilation. En finir, avec le Colbertisme et la culture néo-coloniale. Ce n’est pas gagné.

Pour preuve, la volonté du gouvernement de déplacer des cendres de Bigeard aux Invalides sonne comme une insulte car il a eu ses galons dans des guerres coloniales et il a perfectionné les techniques de torture. « C’était un mal nécessaire », disait-il. Il aurait dû être condamné pour crime contre l’humanité.

Les dirigeants politiques français-gauche comme droite- ont un gros travail à faire sur eux-mêmes pour comprendre pourquoi ils ont si peu de reconnaissance vis-à-vis des autres peuples ?

J.B.


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