Edito

Pourquoi nous savons que la courbe du chômage ne baissera pas, en France

J.B. / 11 août 2015

Ce week-end, l’actualité française était assise sur le départ du gouvernement de Rebsamen, le ministre qui avait pour mission d’inverser la courbe du chômage. Cet objectif est essentiel, car le Président de la République en a fait la condition pour qu’il se représente en 2017. Depuis cette annonce, tout le monde scrute la ligne de flottaison. C’est dire le poids de ce ministre dans le dispositif de reconquête de l’électorat déçu.

Ainsi, cet homme de 64 ans, qui rêvait d’un poste ministériel a la dimension de ses engagements socialistes, quitte un poste essentiel dans le dispositif gouvernemental pour un strapontin municipal à la Mairie de Dijon qu’il a dirigée depuis 13 ans. Il a expliqué son geste comme l’engagement pris devant les électeurs et électrices de la ville. Son remplaçant étant décédé, il lui appartenait de reprendre les rennes de la commune. Le geste est beau : sacrifier un poste ministériel !

Sauf, que l’autre engagement concerne toute la France. C’était de stabiliser la courbe du chômage puis inverser durablement la tendance. Il a préféré abandonner cet engagement pour Dijon. Il met Hollande en difficulté, obligé de trouver un autre fusible, plus accommodant. En effet, si la courbe ne s’inverse pas, il est difficile de croire que Hollande s’adressera aux Français pour expliquer son retrait de la Présidentielle, dans 2 ans. Il aurait besoin si nécessaire d’un fusible pour expliquer que le Président n’y est pour rien ; il faut lui faire confiance à nouveau.

Entre un engagement communal et un engagement devant la France, Rebsamen a choisi de renoncer à la lutte en faveur de l’inversion de la courbe du chômage. S’il était persuadé du succès, il serait resté. On n’abandonne pas au milieu de la course. Le retrait de Rebsamen est peut être l’argument le plus sérieux contre la politique sociale et économique suspicieuse de Hollande. Le Ministre n’a pas pu, il ne croit plus, il préfère partir avant. Devant ce départ précipité, nous pouvons avancer sans risque que la courbe du chômage ne baissera pas, en France.


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