Edito

Premier budget qui prépare la fin de mandature.

J.B. / 8 octobre 2012

Le gouvernement prépare son premier budget de la mandature. Il est prévu de ponctionner 30 milliards d’euros en sus des plans d’austérité du précédent gouvernement. L’objectif est de faire passer les mauvaises nouvelles maintenant pour aborder la deuxième moitié du mandat au calme. C’est un pari très risqué car personne ne peut maîtriser les aléas externes.
Par contre une chose est sure : les conséquences de ce plan vont diminuer les capacités d’investissement des pouvoirs publics et des entreprises ainsi que la consommation des ménages, considérée comme un important facteur de création de richesse, donc d’emplois.

La semaine dernière, la SIDR avait besoin d’une caution financière et ne pouvait l’obtenir ni de l’Etat, ni de la Caisse des Dépôts. L’appel aux Collectivités locales pour assurer cette fonction est une plaisanterie eu égard à 2 éléments. Au regard de l’importance de la demande : 25.000 foyers attendent un logement et on est en panne pour un millier de logements. Au regard de la crédibilité : personne n’a plus confiance en personne et on aboutit à la paralysie de la chaîne de production de logements et des valeurs économiques.

L’activité ne décolle pas et la paupérisation s’installe. Les 50% de la population qui vivent sous le seuil de pauvreté vont augmenter la demande en logements sociaux. Résidents insolvables, le paiement des loyers ne pourra être garanti qu’à travers l’assistance publique. Nous aboutissons à une situation ubuesque où l’allocation logement est recyclée en profits en faveur des promoteurs publics et privés. Le manque de confiance aidant, le locataire n’est plus qu’un faire-valoir car l’allocation qui lui est due est versée directement à son bailleur.

Sans cette rente annuelle de plusieurs centaines de millions d’euros, le système s’écroulerait, depuis longtemps. Cette fois, il ne résistera pas aux conséquences directes des mesures d’austérité. Quand on voit que l’Etat et la Caisse des Dépôts n’ont pas pu cautionner la production d’un gros millier de logements de la SIDR, comment vont-ils garantir la production de 25.000 logements et en assurer l’équilibre financier de la gestion ?
Quand le sénateur Paul Vergès demande une nouvelle gouvernance du traitement des problèmes réunionnais, c’est parce que la situation l’impose. Grave. Si on ne le fait pas maintenant, une fin de mandature est vite arrivée. En l’espèce, nous savons que la maîtrise d’un projet immobilier complet couve facilement un mandat de 5 ans. Un débat responsable est nécessaire.

 J.B. 


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