Edito

Premier effet de l’état d’urgence : interdiction de la Marche pour le climat

J.B. / 19 novembre 2015

C’est sans doute la première conséquence de la prolongation probable de l’état d’urgence pour une durée de trois mois. Le gouvernement a décidé d’interdire la grande manifestation prévue par la société civile le 29 novembre à Paris, à la veille du début de la COP21. Cette mobilisation citoyenne a pour but de peser sur les négociations, en soulignant l’urgence d’un accord contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et sur la solidarité pour le financement de l’adaptation au changement climatique.

Cette interdiction a été annoncée par le ministère des Affaires étrangères. En effet, la France a comme particularité de désigner le ministre des Affaires étrangères et pas celui de l’Ecologie et du développement durable pour présider une conférence sur le changement climatique. Voici la justification de l’annulation :

« La situation créée par les attentats odieux du 13 novembre et les investigations menées depuis imposent que les conditions de sécurité soient renforcées. Dans ce cadre, la totalité des manifestations organisées dans les espaces fermés et aisément sécurisables seront maintenues. En revanche, afin d’éviter tout risque supplémentaire, le gouvernement a décidé de ne pas autoriser les marches pour le climat prévues sur la voie publique à Paris et dans d’autres villes de France les 29 novembre et 12 décembre. »

Les ONG déplorent cette décision et recherchent d’autres formes de mobilisation. Cette décision ne va pas dans le bon sens pour une réussite de la conférence de Paris sur le climat. Rappelons que dans ce type de conférence, il existe trois catégories de délégués : les États, les ONG et les médias. À Copenhague en 2009, les ONG avaient été expulsées de la conférence au moment de l’arrivée des chefs d’État et de gouvernement, pour des prétextes de sécurité. La conférence a échoué à un accord, ce qui a reporté tous les espoirs sur cette COP21 organisée à Paris.

L’annulation de toutes les marches pour le climat en France est-elle un préalable à de nouvelles restrictions ? La présence des ONG sera-t-elle garantie tout au long de la conférence et notamment lors du moment des négociations finales ?

Alors qu’une étude de la NOAA vient de confirmer que 2015 est l’année la plus chaude jamais mesurée, l’accord contraignant sur le climat est plus que jamais nécessaire. Les organisateurs de la COP21 devraient donc tout faire pour soutenir le combat des ONG, car elles sont résolument du côté du développement durable.


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