Edito

Présidentielle : construire le pont en espérant que la rivière coule dessous...

J.B. / 16 février 2017

Le 30 janvier dernier, Gérald Maillot, membre du PS, adjoint au maire de Saint-Denis et président de la CINOR, annonçait son ralliement à Emmanuel Macron plutôt qu’au candidat investi par son parti. Cette décision a laissé de marbre la direction parisienne du Parti socialiste. Mardi dernier, Gilbert Annette a fait de même. Cette fois, c’est le maire socialiste de Saint-Denis qui s’engage donc à faire campagne contre le candidat de son parti à la présidentielle. Il a exposé ses arguments dans la presse. Il s’est dit à l’abri de toute sanction car il laisse entendre que cette dernière concerne la décision de parrainer Emmanuel Macron, ou les candidats investis par le PS aux législatives. Rappelons sur ce point que le 7 février dernier, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a annoncé que tout élus socialiste qui parrainerait Emmanuel Macron serait exclu du PS. Gilbert Annette a donc décidé de rejoindre Thierry Robert pour soutenir la candidature de l’ancien ministre de l’Économie du gouvernement Valls.

Cette annonce est-elle le prélude à un ralliement de tous les élus socialistes de Saint-Denis à Emmanuel Macron ? La question se pose à la lecture d’un communiqué diffusé hier par Monique Orphé, adjointe au maire de Saint-Denis et députée de La Réunion. En effet, elle affirme que « bien qu’étant investie par le Parti Socialiste, mon ralliement ne sera pas de droit. Il se fera si j’estime que les intérêts des populations ultramarines, et notamment des Réunionnaises et des Réunionnais, sont pris en considération ». Et d’ajouter qu’« aujourd’hui, les programmes ne sont pas définitivement arrêtés. Je note des idées intéressantes des candidats qui ont œuvré dans la majorité de ce quinquennat ». Rares sont les candidats « qui ont oeuvré dans la majorité de ce quinquennat ». Ils ne sont que deux : Benoît Hamon et Emmanuel Macron. Notons que le candidat investi par le PS a été le premier à prendre ses distances avec la politique menée par le gouvernement. Il était déjà un meneur des frondeurs alors qu’Emmanuel Macron continuait d’oeuvrer dans le gouvernement.

Cette fièvre qui s’empare de plusieurs responsables politiques réunionnais à deux mois de l’élection présidentielle souligne un fait : c’est l’effervescence autour d’un candidat qui n’a pas encore dévoilé son programme. Autrement dit, c’est construire le pont en disant que la rivière viendra après.

Le Parti communiste réunionnais a choisi une toute autre démarche. Il a des propositions pour La Réunion. Il demande aux candidats de se prononcer sur ses propositions. C’est à partir des réponses que le PCR décidera de soutenir un candidat. En mettant les préoccupations de La Réunion au centre du débat de la présidentielle, le PCR choisir de « faire gagner La Réunion ».


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