Edito

Qu’il s’en aille !

Geoffroy Géraud-Legros / 12 janvier 2011

On ne va pas y passer toute l’année nouvelle, mais tout de même. La lecture des vœux présidentiels ou leur écoute répétée — procédé suggéré par l’un de nos lecteurs sur notre site internet — ne cesse de livrer des pépites de duplicité, de mensonge et d’hypocrisie. « La vie chère, on peut l’accepter quand elle est le résultat d’obstacles physiques, géographiques, mais pas quand elle est le résultat de monopoles », nous dit le chef de l’État. Celle-là, c’est peut-être l’une des meilleures, de la part d’un président qui a sciemment mis fin au dispositif de défiscalisation qui portait l’essor de l’énergie solaire. Tout cela, bien entendu, en jurant main sur le cœur avoir les plus grands égards pour la défiscalisation.

L’un des procédés les plus pitoyables de la com’ présidentielle est aussi celui par lequel celle-ci avoue une parenté consanguine avec la propagande. Il consiste à aller puiser chez les adversaires les idées que l’on n’a précisément aucune envie d’appliquer, afin de montrer que, tout de même, on a compris ce que voulaient les braves concitoyens d’Outre-mer. Il est quelque peu surréaliste de s’imaginer les conseillers de l’Élysée ou de la rue Oudinot chercher fébrilement sur le site internet de “Témoignages” ou dans les documents du Parti communiste réunionnais de quoi bricoler à la hâte un peu de “récup” pour le discours de Petit-Bourg.

C’est pourtant probablement ce qui s’est passé, les vœux présidentiels n’étant pas avares de reprises de propositions par le PCR, tournées à la langue de bois élyséenne et suivies de promesses d’application. Foutaises. L’UMP nationale et ses créatures ultra-marines ont montré qu’elles s’asseyaient sur les projets qu’elles faisaient mine de reconnaître. Voir la géothermie à La Réunion, prônée publiquement par Nicolas Sarkozy face aux représentants des Outre-mers lors du Conseil interministériel de l’Outremer en 2008, et sabordé par Didier Robert avec l’appui de l’Élysée en 2010. On pourrait multiplier les exemples d’idées piquées chez les uns et les autres, qui non seulement n’ont reçu aucune application, mais dont le pouvoir s’est attaché à saboter la réalisation. Dans ce registre comme dans d’autres, les vœux présidentiels de 2010 étaient à peu près la copie conforme de ceux de l’année précédente. La différence est qu’une année après, les peuples des Outre-mers ont encore moins de raisons qu’auparavant d’accorder la moindre foi au prêchi-prêcha du locataire de l’Élysée. Et font le vœu, à l’aube de cette nouvelle année, qu’il ne tarde pas à s’en aller.

G.-G.L.


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