Edito

Quand l’histoire rattrape Mme Bello...

J.B. / 10 mai 2013

“Le Quotidien” a consacré un dossier spécial à Mme Bello. On ne peut pas la louper, elle occupe les 3 premières pages de l’édition de vendredi. Les journalistes lui ont donné beaucoup d’espace et de temps pour répondre ce qu’elle voulait. À la fin de la lecture, une chose saute aux yeux du lecteur : elle a beaucoup de mal à assumer ses responsabilités devant l’Histoire. Revue de détails.

Elle est secrétaire générale de l’UFR avant d’être présidente depuis que Mme Amelin lui a passé la main en 1978. Cela fait 35 ans. Pendant tout ce temps, elle n’a pas réussi à faire la promotion d’une autre femme à la tête de cette respectueuse institution. C’est probablement son plus gros échec. Là, elle ne peut jeter la faute sur personne. Elle ne peut pas dire qu’elle est victime. Elle est donc rattrapée par l’Histoire, mais aussi par sa propre histoire.

En effet, elle n’applique pas à soi-même les leçons qu’elle donne aux autres. Même les journalistes, toujours magnanimes envers elle, lui ont donné l’occasion d’annoncer, 24 janvier, qu’elle allait passer la main lors de l’assemblée générale prévue en Mars. C’était lors de la présentation de ses vœux. Quand on fait des vœux, on ne ment pas.

Le décor était planté. Elle avait à ses côtés, la directrice de cabinet et une jeune. C’était le signe du passage de relais tant attendu depuis près de 4 décennies. Et, le 10 mars, les médias annoncent qu’elle rempile... Très gênés, certains avancent : « l’Assemblée Générale a reconduit... ». Personne ne croît qu’elle n’était pour rien dans la décision. La victimisation ne prend plus. À bas les belles paroles et les principes. Pourtant, les qualificatifs ne manquaient pas pour présenter Évelyne Vidot à la tête de l’UFR : belle, jeune, intelligente... Des qualificatifs que l’UFR n’utilisait pas en 1978, mais qui ont une résonance particulière, aujourd’hui : belle, jeune, intelligente… par rapport à qui ? Il y a comme un silence dans cette comparaison.

Elle est députée depuis que le PCR lui a demandé de prendre le siège du député sortant Claude Hoarau qui avait accepté d’aller conquérir le siège détenu par Virapoulé dans l’Est. Une tactique victorieuse. Elle est aujourd’hui la doyenne des députés avec 16 ans de mandats !

J.B.


Kanalreunion.com