Edito

Quand la Région favorise la hausse des prix des billets d’avion

J.B. / 13 février 2014

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes a consacré un chapitre au tourisme dans l’Outre-mer. Force est de constater que pour l’institution chargée d’évaluer l’efficacité de la dépense publique, le constat n’est pas brillant à La Réunion. En effet, les dépenses somptuaires décidées par Didier Robert et ses amis sont loin de donner les résultats escomptés. Car contrairement à Maurice ou aux Seychelles où la fréquentation augmente considérablement, La Réunion stagne : triste bilan pour les îles Vanille.

Les magistrats de la Cour des comptes épinglent également le transport aérien. Ils affirment que le partenariat entre Air France et Air Mauritius a pour but de favoriser le transport des touristes à Maurice. Ils déplorent que la compagnie française n’ait pas la même attitude vis à vis d’Air Austral. C’est la confirmation d’une stratégie privilégiant l’île sœur au détriment de La Réunion.
Mais là où la conclusion est la plus sévère, c’est au sujet de l’évaluation des effets de la politique de subvention des billets d’avion. C’est la "continuité territoriale" mise en avant dans les campagnes de publicité payées par la Région Réunion. La Cour des comptes constate que ses aides, bénéficiant au final aux compagnies aériennes, ont un caractère « inflationniste ». Autrement dit, si les transporteurs sont assurés de cette subvention, n’ont-ils pas intérêt à l’intégrer dans leur prix ?

Ce faisant, la conclusion de la Cour des comptes révèle combien le choix de refuser l’Airbus A380 densifié de plus de 800 passagers est une stratégie contraire aux intérêts de La Réunion. Car avec cet avion, Air Austral aurait pu disposer d’une machine capable de faire baisser le prix du billet d’avion de 30% sans aucune subvention. Il était clair qu’Air France aurait été obligé de s’aligner sur le prix d’Air Austral pour rester sur la ligne entre La Réunion et l’Europe. Pas question en effet de demander une subvention à la Région pour que les clients d’Air France ne paient pas plus cher que les usagers de l’A380 d’Air Austral.
Avec l’A380, il était donc possible de faire baisser le vrai prix du billet d’avion, sans le recours à un artifice jugé « inflationniste » par la Cour des comptes.

Mais quand Didier Robert s’est octroyé la présidence d’Air Austral, il n’a pas tardé à changer la direction et à y placer à sa tête un cadre d’Air France. Cette nouvelle direction a aussitôt décidé de remettre en cause le projet d’A380. Résultat : Air France pouvait souffler, et la Région avait le champ libre pour développer une mesure clientéliste sans aucun effet sur le vrai prix des billets d’avion.
Ce sont les conséquences de cette décision que la Cour des comptes vient d’épingler. Et force est de constater que 48 heures après cette dénonciation, la Région reste totalement silencieuse sur ce point décisif.

 J.B. 



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  • Didier Robert tempèste contre Paris qui selon lui s’occupe des problèmes qui ne le regarde pas ! mais du temps ou son ami Sarkozy était au pouvoir Didier Robert adorait Paris et était plus souvent à l’Elysée qu’à la Réunion !! espérons qu’aux prochaines régionales ce monsieur soit renvoyé dans son foyer par les Réunionnais ! vu les dégâts qu’il a fait depuis son élection !

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