Edito

Quand les gouvernements français organisent sans vergogne l’apartheid social

J.B. / 6 mars 2012

La campagne électorale pour la Présidentielle ne pourra pas échapper au débat sur la cherté de la vie à La Réunion. Les dernières manifestations sont encore fraîches dans les mémoires, et la liste des 60 produits, offerts à la population en guise de sucette pour calmer la colère, illustre le bricolage dans la décision. La population pense à juste raison qu’elle a été trahie.

Situation d’apartheid sociale

En effet, au cœur du débat, la population apprend qu’une catégorie sociale dispose d’un supplément de revenu qui leur permet d’acheter la « vie chère » : ce sont les fonctionnaires et assimilés. Par contre, les « smicards » et les « minima sociaux » ne perçoivent pas ce supplément. Ainsi, il existe dans notre petite société une grosse discrimination sociale. Paul Vergès qualifie la situation « d’apartheid social », en référence à l’apartheid racial qui avait cours en Afrique du Sud.

La responsabilité incombe aux gouvernements qui se sont succédé depuis plus d’un demi-siècle. La gauche arrivée au pouvoir en 1981, puis en 1988 et 1997, n’a pas eu le courage de trouver une solution à cette entorse à l’égalité des citoyens dans la République. Le sujet est tabou dans certains cercles. Or, c’est le gouvernement qui fixe le montant des revenus des fonctionnaires, des smicards et des minima sociaux. Bref, de tout le monde quasiment !

Une élite solidaire ?

A un mois et demi du premier tour de l’élection présidentielle, allons-nous assister au ballet des candidats qui vont nous parler de tout, sauf de ce scandale social qui dure depuis près de 60 ans ? Un aspirant à la fonction de Président de la République est-il crédible quand il fuit des questions aussi fondamentales que celles-là ?

L’élite de notre société, pour l’essentiel indexé, peut-elle continuer à se montrer sourde et aveugle devant l’appel au secours des manifestants qui n’ont pas les moyens d’acheter « la vie chère » ? Il y a un moment où ceux qui ont la chance de disposer de revenus indexés doivent se montrer solidaires des autres catégories sociales, car si la vie est chère, elle l’est pour tout le monde.

Notre responsabilité

Aux Réunionnais de faire les propositions les plus judicieuses afin de faire prospérer la cohésion sociale réunionnaise, tirant les leçons des gouvernements qui n’ont fait qu’aggraver l’apartheid à caractère social.

J.B.


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