Edito

Quand un maire demandait 40.000 emplois aidés supplémentaires à l’Elysée...

J.B. / 12 août 2017

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En décembre 2013, la Mairie de Saint-Denis avait diffusé un communiqué dont voici un extrait :

« Le Maire de Saint-Denis, Gilbert Annette, sera en déplacement à Paris ce mercredi 18 décembre (2013 - NDLR). Il sera reçu à l’Elysée par le Secrétaire Général adjoint, Nicolas Revel, le conseiller aux affaires sociales de François Hollande, Michel Yahiel et le conseiller à l’Outre-Mer, Marc Vizy.

Ces rendez-vous s’inscrivent dans la continuité de l’engagement de Gilbert Annette concernant le traitement social du chômage. Depuis plusieurs mois, il multiplie les rencontres et les entretiens afin que le gouvernement accorde à La Réunion 40.000 contrats aidés supplémentaires dans le cadre d’un Plan de Solidarité Active. 40.000 contrats aidés qui permettraient à autant de bénéficiaires du RSA de retrouver le chemin du travail et de la dignité. (…)

À plusieurs reprises le Maire de Saint-Denis a interpellé le Ministre du Travail Michel Sapin sur la situation catastrophique à La Réunion. Lors de sa visite en novembre, ce dernier avait annoncé un plan exceptionnel de 5 000 contrats supplémentaires, pris en charge à hauteur de 95 % par l’Etat. (…)

Le Maire de Saint-Denis poursuit son combat et va présenter sa proposition ce mercredi 18 décembre à l’Elysée et réaffirmer l’absolue nécessité pour l’Etat de trouver une solution au problème hors-norme du chômage à La Réunion ».

Gilbert Annette était alors un soutien du gouvernement. Lors de son voyage à La Réunion quelques mois plus tard, François Hollande allait même aller encore plus loin, promettant la création de 40.000 emplois d’avenir à La Réunion, subventionnés à 90 % du SMIC net par l’État. Force est de constater que les actes n’ont pas été à la hauteur des promesses. Malgré tout, le nombre d’emplois aidés était de 22.000 l’an dernier à La Réunion.

Le nouveau gouvernement veut couper dans les emplois aidés. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, est envoyée à l’Assemblée nationale porter le message selon lequel ces emplois ne servent à pas grand-chose et coûtent trop cher. La baisse des emplois aidés a une conséquence : la rentrée scolaire ne sera pas possible à La Réunion.

Malgré cette baisse, Gilbert Annette, toujours maire de Saint-Denis, se fait fort d’organiser la rentrée scolaire dans sa commune. L’ex-ministre Ericka Bareigts, adjointe au maire, a rencontré le sous-préfet. Il manque 300 emplois aidés, malgré tout la rentrée se fera. Comme l’avait justement souligné Témoignages hier, cette décision est un acte d’allégeance envers Emmanuel Macron. C’est une attitude particulière d’élus qui préfèrent défendre les intérêts d’un pouvoir à Paris plutôt que des Réunionnais.

En effet, depuis 4 ans, le chômage a augmenté à La Réunion. Si Gilbert Annette réclamait 40.000 emplois aidés pour y faire face en 2013, pourquoi ne prend-il pas l’avion pour demander à l’Elysée 50.000 emplois aidés supplémentaires ?

J.B.


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