Edito

Quand une logique politique mène à la catastrophe, doit-on continuer ?

J.B. / 29 novembre 2012

Cela fait un demi-siècle que le PCR a analysé les contradictions structurelles de la société réunionnaise, dans sa globalité, et a avancé la nécessité de changer de cap. Les aléas de la vie politique ont accordé un peu de répit aux contradicteurs du PCR. Aujourd’hui, les retards accumulés dans l’appréciation des conséquences et les solutions à initier ont rendu la tâche de sortie de crises extrêmement difficile et délicate.

Face à une simple revendication, le maintien de la prime COSPAR et du RSTA, le gouvernement exprime son incapacité au motif que le financement ferait défaut ! Un tel discours a été entendu en 1946, lorsque Marius Moutet, ministre socialiste, avait combattu l’article 3 de la loi du 19 mars qui stipulait que toutes les lois sociales devaient être alignées avant le 1er janvier 1947. Par contre, le gouvernement avait les moyens pour accorder un supplément colonial de traitement au revenu de ses agents qui dure encore de nos jours, et qui crée une contradiction quasi insoluble avec les autres catégories de la population. En 65 ans, le discours ne change pas malgré une situation sociale qui s’est terriblement aggravée.

Si la position du gouvernement devait perdurer, les derniers chiffres du chômage ne lui laissent aucune marge. Surtout après avoir annoncé « le changement, c’est maintenant ». Que l’on juge.

160.000 adultes cherchent du travail et n’en trouvent pas. À peine un tiers (58.869) perçoit une indemnité pour amortir le choc. Parmi ces personnes, 17.169 se trouvent en fin de droit et perçoivent une allocation de solidarité. Bientôt, elles n’auront plus rien. Elles iront rejoindre la masse des sans revenu ou des béqueurs de clés. Plus de doute, notre société est entrée dans une phase de décomposition sociale avancée.

Autant d’aveuglement de la classe politique va nous conduire à des désordres sociaux bien supérieurs que ceux qu’on a eus en février dernier. Tous les députés de La Réunion dont la tâche est d’éclairer le gouvernement de leurs analyses et propositions se montrent inopérants. Il est vrai que de par leurs revenus et indemnités, ils font partie du premier décile, c’est-à-dire qu’ils margent dans les 10% les plus riches. De là-haut, on a beaucoup de mal à voir les 10% qui sont tout en bas. C’est la logique d’un système politique qui a programmé la catastrophe économique et sociale.

J.B.


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