Edito

Quarante jours pour clarifier… Aujourd’hui : le remords !

J.B. / 7 mars 2012

A La Réunion, il y a un phénomène qui se produit à chaque élection : des gens accourent au-devant du nouvel élu pour bien montrer qu’ils sont présents afin de s’attirer ses faveurs. Le phénomène prend une tournure caricaturale quand la personne a besoin de se racheter car il n’a rien fait pour la victoire. Elle pense ainsi corriger ses remords. En tout cas, la supercherie échappe rarement aux observateurs les plus proches de l’action.

Le Parti Socialiste avait décidé d’organiser des primaires pour éviter des affrontements entre ses dirigeants tels que l’on a connus en 2002, et qui avait conduit à la disparition du PS du deuxième tour de la présidentielle. La gauche avait alors été contrainte d’appeler au rassemblement républicain pour empêcher l’élection du Front National. Les gens de convictions ont voté pour Chirac, sans remord, car il s’agissait d’écarter le danger principal. Aucune personne, encore moins l’intéressé, ne pouvait se tromper sur le sens du vote des 88% d’électrices et d’électeurs du 2e tour qui avaient pris son bulletin.

En 2011, le Parti Socialiste avait décidé d’ouvrir ces primaires au-delà de leur propre parti. Parmi les candidats qui se sont présentés, il y avait même un radical.

Pour sa part, le PCR avait analysé la situation un an avant l’événement proprement dit et il a expliqué l’importance du vote présidentiel comme un moment essentiel de la vie politique, car celui qui est élu oriente la politique globale de la République pour 5 ans, voire 10 ans. Le bilan de Sarkozy depuis 2007 était tellement catastrophique qu’il fallait agir pour qu’il ne soit plus président. Mais, avant un engagement dans les primaires citoyennes, des discussions avaient eu lieu à Paris entre les directions du PS et du PCR.

En tant que parti politique responsable devant le peuple réunionnais, le PCR a pris part au Forum Socialiste sur l’Outre-mer afin d’échanger des points de vue et de dégager des projets communs aux intérêts des Réunionnais. Sur cette base, le PCR a donné son accord pour participer aux primaires avec une réserve de taille : une lettre d’engagement devant les Réunionnais pour que tout soit transparent. C’est une question de respect. Martine Aubry avait préparé une lettre mais, à La Réunion, des responsables politiques sont intervenus pour bloquer la lettre. Ils espéraient ainsi réduire au silence le PCR. Quand le sectarisme vous anime…

Peine perdue, c’est François Hollande qui adresse à la dernière semaine, la lettre d’engagement devant les Réunionnais que le PCR a rendue publique. François Hollande était en tête à La Réunion, dans les DOM et en France. La tendance s’est accentuée lors du deuxième tour. Ainsi, le PCR a permis aux Réunionnais- non socialistes- qui le souhaitaient d’être dans le train du changement.

Dès qu’on a eu la lettre de Hollande, une réunion du Comite central s’est tenue pour en prendre connaissance et débattre de la conduite à tenir. Les dirigeants de Saint-Paul ont argumenté contre la participation et contre le candidat présenté par le Parti. Huguette Bello, toute députée et maire d’une commune de 100.000 habitants, était absente comme d’habitude, et ne s’est jamais montrée solidaire du vote pour Hollande.

Mais, au début de février, quelle n’est pas la surprise des observateurs quand elle déclare voter Hollande avant même que le PCR ne valide ses projets pour la mandature, en Conférence des adhérents, puis les adresse au candidat pour qu’il s’en inspire pour son programme. Pourquoi cette soudaine précipitation médiatique ? Se singulariser par rapport aux décisions du PCR ? Le remord ? Ou bien la tentation de s’attirer les faveurs du candidat qu’elle a combattu aux primaires ? Voilà où elle en est arrivée pour satisfaire de minables ambitions incohérentes.

J.B.


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