Edito

Que cache le refus des Etats Unis à fournir des informations en leur possession ?

J.B. / 1er septembre 2014

L’échéance de la fin du mois d’août est passée et le rapport sur le crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines n’est toujours pas publié. Pourquoi les pays occidentaux, si prolixes au moment des faits, sont-ils devenus aphones ?

L’accident a eu lieu le 17 juillet. Selon la procédure d’enquête, un rapport préliminaire doit être effectué par le pays où s’est produite la catastrophe : ici, l’Ukraine. Il s’agit d’une série de données classiques, en attendant les éléments d’analyse, plus pointus, issus notamment des boîtes noires. Le représentant de la Russie à l’ONU s’est élevé contre le fait que le délai d’un mois est passé, et l’institution internationale n’est toujours pas en possession ni du rapport préliminaire, ni du décryptage de l’enregistrement des boîtes noires. Pourtant, les 2 coffrets ont été remis officiellement, en bon état. Il lui fut répondu qu’un premier rapport sera publié fin août.

A cette échéance, devant l’absence de progrès, Moscou réclame maintenant une commission d’enquête ouverte et transparente au niveau international. Son ministre des Affaires étrangères rappelle que la Russie est le seul pays qui a remis officiellement les informations fiables en sa possession. Il s’étonne qu’à ce jour, les Etats Unis n’ont toujours pas remis les leurs. Or, c’est Obama qui a été le premier à fournir la seule version qui a fait le tour des médias mondiaux. Quelque chose n’est donc pas clair.

En Malaisie, le ministre de la Défense a déclaré, ce week-end, que cette affaire ne doit pas rester impunie. Il dit être en contact avec les autorités de Russie, d’Ukraine et des Etats Unis. Dans le Donbass, les autorités rebelles qui contrôlent les lieux où s’est produit le crash final invitent à « une porte ouverte internationale ». Ils craignent que des pièces importantes de l’appareil puissent disparaître. Ces mêmes autorités rappellent que tout a été fait de leur côté pour ramasser les effets personnels des victimes qui étaient éparpillés sur 20 Km2.

Un mois et demi après ce drame, les accusateurs se font silencieux mais l’opinion mondiale attend impatiemment la publication intégrale du décryptage des boîtes noires. Car, selon des indiscrétions, cela permettra de comprendre pour quelles raisons la tour de contrôle de l’Ukraine a fait dévier l’avion de sa trajectoire initiale et l’a fait voler 1000 mètres plus bas, sans que cela suffise à lever l’hypothèque sur le moyen militaire utilisé. Enfin, comment croire que les Etats Unis, qui contrôlent jusqu’au détail toutes sortes de communications, qui ne s’embarrassent pas à fomenter des troubles partout, ne possèdent aucune information ni sur l’itinéraire de cet avion, ni sur celui d’un autre de la même compagnie qui a disparu, en mars dernier, avec 239 personnes à bord ? « Sans trace » ? Allons-donc ! Les Etats Unis seraient-ils devenus si nuls ? Que cachent ces rétentions d’informations ?


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