Edito

Que la bonne conscience de la société réunionnaise réponde vite aux jeunes qui souffrent de l’absence d’emploi

J.B. / 26 septembre 2014

Les jeunes se sont mis en mouvement revendicatif. Aussitôt, la bonne conscience de la société tente d’organiser des contre-feux. Les Députés qui ont accordé leur confiance à la nouvelle politique du gouvernement ainsi que les 2 autres qui ont préféré laisser faire n’ont-ils pas le devoir d’expliquer aux jeunes sans emploi les bienfaits qu’ils doivent attendre de leur vote décisif ? Et, selon quel calendrier ?

Hier, une Députée de Saint Denis a expliqué que François Hollande s’est trompé lors de sa visite en avançant le chiffre de 40.000 emplois d’avenir. Il y a un mois, ni l’entourage immédiat du président de la République, ni les 7 députés n’avaient cru nécessaire de faire un correctif des propos présidentiels. Il a fallu attendre les manifestations de jeunes pour qu’une élue se permette de dire que le Président avait voulu parler de 40 000 emplois aidés. Pour qui se prend-elle ?

Or, même le Préfet ne s’est pas permis de corriger ce que tout le monde peut voir et entendre sur le site de la Présidence, maintenant. Par 3 fois, François Hollande parle de 40 000 contrats emploi d’avenir. A la télé, Jean Marc Colliène lui fait préciser. Il n’en démord pas et souligne qu’il parle bien de 40 000 emplois en contrat d’avenir, subventionnés à 90%. Il reste donc aux Collectivités et associations 10% à trouver.

La CGTR a tenu une Conférence de Presse avec des jeunes qui demandent de respecter la parole présidentielle. Quoi de plus normal ? Les jeunes ont marre d’attendre. Un simple rappel pour ceux et celles qui ont la mémoire courte. En février 2012, 5 semaines avant la visite de François Hollande et de plusieurs autres candidats venus en terre réunionnaise pour racoler des voix, les jeunes avaient manifesté et causé des dégâts matériels, notamment à Saint Denis. Les pouvoirs publics ont fait appel à la répression et plus de 100 jeunes ont été déférés. Seul Témoignages avait titré : "libérez les jeunes".

Julie Pontalba avait tenté d’organiser la solidarité, notamment lors des procès des personnes incarcérées arbitrairement. Une lettre a été adressée aux prétendants à la fonction suprême afin d’obtenir la grâce présidentielle, comme signe d’apaisement. Nous nous rappelons parfaitement de la position de chacun. Sarkozy avait déclaré son refus, Hollande avait dit comprendre les jeunes manifestants, sans plus. La mère d’un handicapé, injustement incarcéré, avait accompagné une délégation au meeting du Port pour remettre à Mélenchon la lettre-pétition dans le but qu’il en fasse écho en public. Même lui n’en a donné aucune suite.

Ces jeunes sont certainement libérés, aujourd’hui. Ont-ils trouvé un emploi ? Quel parcours leur a-t-on promis pour s’insérer dans "la bonne société", au nom de laquelle les juges ont frappé fort ? Que les représentants de cette bonne société répondent vite ! Le temps presse pour qui souffrent de la mauvaise politique actuelle.


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