Edito

Que restera-t-il de l’aéroport de Gillot avec un cyclone comme Irma ?

J.B. / 11 septembre 2017

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Le passage du cyclone Irma à Saint-Martin a eu des conséquences désastreuses. L’une d’entre elles est la mise hors-service de l’aéroport international Juliana. Ce dernier est célèbre dans le monde entier car avant de se poser, les avions survolent une plage à basse altitude située à proximité de la piste d’atterrissage. Nombreuses sont les photos montrant des baigneurs avec en arrière-plan un gros porteur à seulement quelques dizaines de mètres au-dessus d’eux.

Cette plage a encore eu une renommée mondiale lors du passage d’Irma. En effet, une caméra filme ce lieu en permanence et diffuse ses images sur Internet. Au moment où les éléments se sont déchainés, elle a permis de constater en direct les effets du cyclone avant que la force du cyclone ne la mette hors-service. Une fois le cyclone passé, un paysage de désolation a remplacé l’aéroport. L’aérogare est très endommagée, et la piste nécessite d’être déblayée pour de nouveau accueillir des avions.

L’aéroport Juliana a un trafic au moins équivalent à Rolland-Garros à La Réunion. Il est en effet desservi par de nombreuses compagnies venant d’Europe, des États-Unis, du Canada et d’Amérique latine. Son emplacement sur le littoral s’explique par l’exiguïté du territoire et l’obligation d’avoir un aéroport dimensionné pour des avions capables de transporter des centaines de passagers. Sa situation géographique a fait sa vulnérabilité au cyclone. La puissance du vent et des vagues ont donc fait des dégâts considérables. Il faudra de longues réparations pour que l’aéroport international de Saint-Martin puisse revenir à son niveau d’avant la catastrophe.

À La Réunion, le principal aéroport se situe également sur le littoral. C’est la conséquence d’une décision politique, car à l’origine, le premier aérodrome d’importance se situait dans la Plaine des Galets, partagée entre Le Port et La Possession. Il n’était pas en bordure de mer. La volonté du pouvoir de concentrer les équipements à Saint-Denis et ses environs a conduit à sacrifier de très riches terres plantées en cannes à sucre livrées à l’usine de La Mare pour transformer la piste de Gillot en l’aéroport international qui existe aujourd’hui.

Cette infrastructure est nécessaire au désenclavement de La Réunion. Si un cyclone aussi puissant qu’Irma s’abat sur lui, il sera dans le même état que l’aéroport Juliana c’est-à-dire inutilisable. C’est la conséquence d’une grave erreur d’aménagement. Car La Réunion peut potentiellement être frappée par un cyclone tropical très intense. Le plus grave est qu’une erreur analogue est en train d’être reproduite avec la construction d’une route en mer entre Saint-Denis et La Possession. À la différence de l’aéroport de Gillot, cette erreur peut encore être évitée à condition de prendre au plus tôt les décisions qui s’imposent.

J.B.


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