Edito

Que s’ouvre, enfin, le grand débat public entre Réunionnais !

J.B. / 13 décembre 2011

En ce début de semaine, les médias ont été surpris de constater que les sections du PCR du Port et de La Possession se sont exprimées publiquement sur les législatives. Ils en ont tiré différentes conclusions.

Pourquoi cette surprise ?

Dans sa pratique, les instances du PCR se réunissent, discutent et ensuite rendent compte. C’est même une procédure qui lui est souvent reprochée, certains n’hésitant pas à comparer le Parti à une organisation clandestine. Le PCR pourrait plaider les circonstances atténuantes compte tenu de la répression qu’elle a subie dans le passé. Les militants se rappellent bien de cette période très dure. Le maître mot était la solidarité et le silence.

A cette époque, le PCR et ses dirigeants étaient durement combattus : il suffit de reprendre la collection du "JIR" pour le vérifier. Quant à la radio et la télé publiques, les responsables cultivaient l’ostracisme anticommuniste. Les idées du PCR ne devaient pas être propagées. L’objectif était tellement cynique que le pouvoir organisait la fraude électorale massive dans le but d’empêcher l’expression populaire. La classe dirigeante avait une trouille de l’arrivée au pouvoir de militants qui voulaient transformer leurs conditions de vie.

Les médias d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux de l’époque ni en nombre, ni en puissance. Ils ont occupé l’espace politique et tourné en dérision la lutte idéologique. Jamais, on a vu une telle déferlante de futilités, d’imageries et de gesticulation médiatique. Pendant ce temps, la population est maintenue dans l’ignorance par ce nouveau pouvoir qui considère les partis politiques comme ringards. Le PCR est le parti qui fait le plus gros effort d’étude, de réflexion et d’expérimentation. Tout ce travail généreux est ignoré quand il n’est pas combattu ou tourné en dérision.

Pendant ce temps la situation générale empire sans que ceux qui ont la main-mise sur le pouvoir médiatique, et qui se sont instaurés comme juge de l’opportunité décisionnaire puissent apporter la moindre proposition de solutions susceptibles de changer le cours des évènements.

Faut-il continuer avec cette hypocrisie ambiante ?

Ce petit jeu a été démasqué dans le week-end par l’initiative de 2 sections qui ont décidé de rendre publique leur décision. Sur le plan médiatique, qu’y a-t-il de si particulier ? Sur le plan du contenu, quel reproche peut-on leur faire de dire ce qu’ils pensent ? En réalité, ces 2 initiatives basiques ne sont-elles pas venues bousculer des pratiques que d’aucuns usent et abusent, sans le moindre scrupule ? L’avenir dira si le pouvoir médiatique a choisi le compromis à l’affrontement, le respect réciproque à la compromission ou si l’objectif de la classe dominante (de droite comme de gauche) est toujours la destruction du PCR au lieu du rassemblement des bonnes volontés.
Une chose est sure : quelque chose s’est passé au PCR ce week-end. Plus rien n’arrêtera le débat public tant attendu entre les Réunionnais.

J.B.


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