Edito

Que va-t-il se passer le 6 novembre 2009 ?

LB / 15 octobre 2009

Le 30 septembre dernier, puis le 5 octobre, soit à deux reprises ces deux dernières semaines, des élus des collectivités réunionaises — Région, Département et Communes — représentant la très grande majorité des Réunionnais, ont tenu des conférences de presse pour attirer l’attention de l’opinion sur l’importance du rendez-vous que nous avons toutes et tous le vendredi 6 novembre prochain. Ce jour-là, en effet, se réunit à Paris, pour la première fois dans l’Histoire de la République, un "Conseil interministériel de l’Outre-mer" sous la présidence du chef de l’État pour décider un certain nombre de mesures en faveur d’un développement endogène de la Guyane, de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion.
Comme l’a déclaré le président de la République au "JIR" le 8 octobre dernier, cet événement est à « considérer comme une étape et non comme une fin ». C’est logique car toute vie, d’une personne comme d’un peuple, est marquée par des étapes, et rien n’est jamais définitif.

Néanmoins, que va-t-il se passer le 6 novembre 2009 ? Le contenu et l’impact — à court comme à long terme — des mesures annoncées par l’État seront-ils tels que ces dernières auront une valeur historique aussi importantes que celles du 20 décembre 1848 et du 19 mars 1946 ?
Ce questionnement a été posé de plusieurs façons par Paul Vergès lors des deux conférences de presse rappelées plus haut. Et le président de la Région Réunion a souligné, comme les responsables des autres collectivités, l’importance et l’urgence de mettre en œuvre les solutions à la crise préconisées par les élus réunionnais dans le cadre des États-généraux de l’Outre-mer (ÉGOM).

Comme le dit le chef de l’État dans son interview, il n’est pas « aisé de construire un projet commun partagé, de participer à une démarche constructive, où le travail remplace la vindicte ». Eh bien c’est exactement ce qu’ont fait ces élus à travers leur contribution à ces ÉGOM.
Et lorsque le président de la République conclut cet entretien en mettant en avant le concept de « respect » dans les relations entre Paris et les peuples ultra-marins, il met le doigt sur une question essentielle concernant la prise en compte du projet réunionnais : ce « respect » sera-t-il la valeur dominante de ce qui va se passer le 6 novembre 2009 ?

L. B.


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