Edito

Quelque chose de pourri au royaume de l’exploitation des travailleurs.

J.B. / 21 août 2012

Trois mille ouvriers se mettent en grève pour réclamer des augmentations de salaire. Il s’en suit des affrontements chez les travailleurs, une quarantaine de morts et des dizaines de blessés et plus de 200 d’arrestations. Le gouvernement sud-africain a annoncé qu’une enquête va faire la lumière sur les circonstances de ce drame. Un deuil national sera observé, en hommage aux victimes.

Cet événement a fait le tour du monde et a mis en lumière divers aspects de cette nouvelle étape du développement économique de l’Afrique du Sud. Mais, surtout, il a montré l’inhumanité des responsables de l’entreprise anglaise qui exploite la mine de platine.

En effet, ils sont à l’origine de la crise sociale qui a conduit à la revendication d’une augmentation de salaire ; durant une semaine, ils ont refusé le dialogue social qui aurait pu rapprocher les points de vue. Ils ont préféré jouer sur la division entre les travailleurs, le pourrissement du conflit jusqu’aux affrontements dramatiques.

Dans leur for intérieur, les entrepreneurs doivent se féliciter de l’issue actuelle. En tout cas, dans un communiqué, ils somment les travailleurs à redescendre dans la mine sous peine de licenciement !
Pas un mot de compassion, aucun respect du deuil national, aucune proposition salariale. C’est froid, c’est direct.

Les travailleurs ont refusé : c’est le début de l’unité qui conduira à dépasser les antagonismes internes au monde ouvrier pour mettre un terme à ce modèle de gestion pourri et inhumain. Quant aux forces de l’ordre, elles auront toujours des morts sur la conscience.

J.B.


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