Edito

Qui a intérêt à encenser des méthodes qui discréditent toute la classe politique réunionnaise ?

J.B. / 4 janvier 2012

Ce 4 janvier, c’est l’ouverture d’une nouvelle session au Parlement européen. C’est donc aujourd’hui que Younous Omarjee prendra officiellement ses fonctions de député.
Co-listier d’Élie Hoarau aux élections européennes de 2009, Younous Omarjee lui succède. C’est un élu jeune qui s’est formé pendant des années pour être capable, le jour venu, de faire entendre la voix des Outre-mers dans une assemblée de plus de 700 élus de 27 États européens. Younous Omarjee a en effet été l’assistant parlementaire de tous les députés de l’Alliance des Outre-mers depuis 2004.

C’est le 18 décembre que la nouvelle a été annoncée. Rien n’obligeait Élie Hoarau à quitter son mandat. Mais le secrétaire général du PCR a décidé de transmettre de nouvelles responsabilités aux jeunes alors que comme d’autres, il aurait pu s’accrocher à son poste. Suivante d’Élie Hoarau sur la liste, Maya Césari pouvait devenir parlementaire. Elle y a renoncé car, d’une part, elle est déjà élue en tant que conseillère régionale. D’autre part, elle a également expliqué qu’elle n’avait pas la possibilité d’être pleinement disponible pour exercer un mandat de parlementaire. D’autres élus sont bien loin d’avoir une conscience aussi élevée.
L’accession de Younous Omarjee à un mandat de député donne donc un coup de jeune aux mœurs politiques réunionnaises, voilà donc de quoi intéresser les médias.

Mais contre toute logique, ce n’est pas le cas. Pas plus d’un article chacun, et un confrère qui confond la photo de notre nouveau député avec celle du trésorier de la fédération UMP de La Réunion.
Par contre depuis plusieurs semaines, l’actualité politique des autres médias est rythmée par de nombreux articles et reportages valorisant des élus qui s’accrochent à leurs postes, qui ne tiennent pas leurs promesses et mentent à la population. Ces vieilles méthodes survivent encore malheureusement.
Daniel Alamélou a juré qu’il démissionnerait pour que le peuple puisse à nouveau choisir son maire une fois la période d’inéligibilité de Maurice Gironcel terminée. Non seulement il renie ses engagements publics et répétés, mais en plus ce premier adjoint monte une liste contre son maire. Voilà qui éclaire d’un jour nouveau les deux années de déstabilisation subies par la municipalité sous la direction de Yolande Pausé.
Les délégués du Congrès lui ont fait confiance en l’élisant membre du Comité central du PCR. Il décide de se présenter contre le candidat soutenu par la Section PCR de Sainte-Suzanne et par le Parti communistes réunionnais, mais il ne démissionne pas de tous les mandats qu’il a obtenus parce qu’il était le candidat des communistes.

Or, pour les autres médias, Daniel Alamélou, un élu qui ne tient pas ses promesses et qui s’accroche désespérément à un mandat, mérite plus d’attention que Younous Omarjee, un élu représentatif de l’avenir de la politique à La Réunion.
Ce choix éditorial aboutit à encenser des méthodes qui discréditent toute la classe politique réunionnaise.
Cela interroge, est-ce parce que Daniel Alamélou combat le PCR qu’il a droit à autant d’égard ? Ou alors est-ce le refus de certains commentateurs de voir les mœurs politiques évoluer positivement à La Réunion ?

J.B.


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