Edito

Qui peut croire Daniel Alamélou ?

J.B. / 7 juillet 2016

L’inéligibilité de René-Paul Victoria a changé la donne à la CINOR. C’est en effet Jean-Jacques Morel qui est appelé à lui succéder. Mais ce dernier refuse de rejoindre la coalition conduite du président socialiste. En conséquence, la majorité de ce dernier ne tient plus qu’à un fil. Pour justifier son choix, l’élu dionysien a expliqué que si d’après lui, la présidence tournante n’est pas le système le plus efficace, il s’y rallie car il respecte la parole donnée. Il veut donc que conformément à cette parole donnée, Jean-Louis Lagourgue succède à Gérald Maillot car la présidence de la CINOR doit revenir à un élu de Sainte-Marie pendant deux ans à compter de ce mois de juillet.

Cet épisode rappelle qu’une des valeurs fondamentales de la politique reste la parole donnée. Or, c’est justement à la CINOR que siège un élu qui a montré le peu de cas qu’il faisait de ce principe. C’est Daniel Alamélou.

En 2008, il est élu sur la liste conduite par Maurice Gironcel aux municipales de Sainte-Suzanne. Au cours de ce mandat, une décision de justice décide d’écarter Maurice Gironcel. Les élus de la majorité municipales prennent donc l’engagement de démissionner sitôt Maurice Gironcel rééligible, afin que la population de Sainte-Suzanne puisse de nouveau désigner son maire. En attendant, les responsabilités étaient réparties de cette façon : Yolande Pausé devenait maire, et Daniel Alamélou conseiller général. Lors de l’élection partielle, puis aux élections cantonales de 2011, ce dernier a pu compter sur un soutien sans faille de Maurice Gironcel. Cela explique pourquoi en 2011 il a obtenu plus de 70 % des suffrages.

Mais quand Maurice Gironcel est redevenu éligible, plusieurs membres de la majorité municipale ont décidé de ne pas respecter la parole donnée. Ils pensaient que ce mauvais exemple allait inspirer les communistes. Peine perdue, leur pitoyable manœuvre pour garder le pouvoir allait échouer. Car pour l’honneur des communistes et du peuple réunionnais, des élus ont tenu leur parole. Ils étaient suffisamment nombreux à démissionner pour obliger à la tenue d’une élection municipale partielle. En conséquence, c’était au peuple de choisir.

Il a décidé de donner raison à ceux qui ont tenu leur parole, et la liste conduite par Maurice Gironcel a été élue en janvier 2012. Depuis cette date, plusieurs scrutins ont été organisés. À chaque fois, Daniel Alamélou a perdu face au suffrage universel : élections municipales de 2014, élections cantonales de 2015. Aux dernières régionales, il soutenait une autre diviseuse, Huguette Bello. La liste de cette dernière a été distancée à Sainte-Suzanne par celle où figurait Maurice Gironcel.

Autrement dit, Sainte-Suzanne a fait le choix de soutenir ceux qui respectent leur parole. Ce principe est une base essentielle en politique. Car comment faire confiance à des élus ou des candidats qui montrent dans leurs actes qu’ils sont prêts à se renier, uniquement pour espérer bénéficier du pouvoir et du confort matériel qu’il peut procurer.

Alors, convaincu de son impuissance à gagner régulièrement une élection, Daniel Alamélou tente d’utiliser d’autres moyens pour attaquer Maurice Gironcel. En tout cas, à Sainte-Suzanne, il sera toujours perdant. Car il a montré qu’il n’a pas le respect de la parole donnée, il n’est donc pas digne de confiance. Qui peut encore le croire ?

J.B.


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