Edito

Qui sont "les marchés" ?

Manuel Marchal / 13 décembre 2010

"L’irritation des marchés", voilà le sentiment qui a sans doute prévalu quand le président de l’Islande a décidé que le plan de rigueur préparé par le gouvernement devait être soumis à un référendum.
Consulté, le peuple décide à 93% de refuser ce plan. Résultat, les travailleurs ne paieront pas pour renflouer les banques, ce qui a suscité "la déception des marchés", voire davantage.

Mais que "les marchés" se rassurent, le gouvernement irlandais a décidé de tenir jusqu’au bout son engagement de couvrir les pertes des banques en Irlande. C’est une "attitude courageuse soulignée par les marchés". Après la Grèce et sa cure d’austérité imposée au peuple pour "rassurer les marchés", c’est donc au tour des Irlandais de payer les errements de son industrie financière.

C’est maintenant à l’Espagne et au Portugal d’être sous pression "des marchés". Il se dit même que plusieurs dirigeants de pays européens avaient tenté d’imposer au Portugal une solution à "l’irlandaise" pour "restaurer la confiance des marchés". Même Paris a dû communiquer pour ne pas perdre "la confiance des marchés", ébranlés qu’ils étaient par le fait que le gouvernement avait dû demander une avance pour payer les salaires de décembre des fonctionnaires.

Décidément, "les marchés" sont l’objet de toutes les attentions. Mais pourquoi donc accorder tant de sollicitude à ce qui ne doit être au fond que "la main invisible" ? À moins que cette main ne soit pas si invisible que cela, et qu’elle soit bien réelle, tendue à la recherche du moindre profit. Où sont en effet passé les milliers de milliards d’euros injectés dans "les marchés" depuis le début de la crise ?

M.M.


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