Edito

Ratification de l’Accord de Paris : une question de jours

J.B. / 5 octobre 2016

Hier, le Parlement européen à Strasbourg accueillait Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations unies, Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne, et Segolène Royal, Président de la COP21. Les députés avaient en effet un vote important à l’ordre du jour : la validation de la procédure collective accélérée pour la ratification de l’Accord de Paris sur le climat.

Par 610 voix pour, 38 contre et 30 abstentions, le Parlement européen a adopté le texte. Cela ouvre la voie à la ratification de l’Union européenne. Adopté en décembre dernier lors de la COP21, l’Accord de Paris prévoit notamment de limiter à 1,5 degré, voire 2 degrés, la hausse de la température moyenne sur Terre depuis l’époque préindustrielle. Nous en sommes déjà à plus 1 degré. C’est dire que l’objectif est ambitieux, et pour l’atteindre toute la politique énergétique devra être revue car il faudra abandonner le pétrole et le charbon au cours des prochaines décennies.

Ce sont les Fidji qui ont été le premier pays à ratifier l’Accord de Paris au mois de février. L’impulsion décisive date du mois dernier. À la veille du sommet du G20, la Chine et les États-Unis ont présenté au secrétaire général de l’ONU leurs instruments de ratification. LInde a officiellement ratifié le traité le 2 octobre. Pour entrer en vigueur, l’Accord de Paris doit être ratifié par 55 pays représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre. Après la décision de l’Inde, nous en sommes à 62 pays représentant près de 52 % des émissions de polluants. Ban Ki-Moon a qualifié le vote de Strasbourg d’historique. Car la ratification des 28 États membres de l’Union européenne va permettre aux seuils nécessaires d’être franchis. En moins d’un an, le pari de l’entrée en vigueur de ce traité international aura donc été gagné.

Cette victoire rappelle la justesse de la ligne suivie par le Parti communiste réunionnais depuis 20 ans. En 1997, Paul Vergès et Philippe Berne avaient tenus une conférence de presse pour affirmer l’importance de la lutte contre le changement climatique. Puis en 2001, une proposition de loi de Paul Vergès faisant de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre une priorité nationale était adoptée à l’unanimité par le Sénat et l’Assemblée nationale. Cette loi avait alors permis à la France d’être en avance sur les autres pays. Elle créait l’ONERC, un outil d’anticipation au service des collectivités, institution présidée depuis une quinzaine d’années par Paul Vergès.

Cette voie tracée par un responsable politique réunionnais trouve donc une éclatante confirmation dans le monde. Mais à La Réunion, la conspiration du silence sur cette question a ramené La Réunion en queue de peloton. Depuis que l’Alliance ne dirige plus la Région, la part des énergies renouvelables dans la consommation a baissé. L’autonomie énergétique a été abandonnée et le chantier du train stoppé. À la place, la Région veut construire une route en mer, illustration d’une vision désormais archaïque aux yeux du monde car privilégiant le tout-automobile. Mais l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris va amener des normes internationales qui s’imposeront à tous. À l’heure où le chantier de la route en mer est remis en cause faute de matériaux pour l’achever, il n’est pas trop tard pour agir.

J.B.


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