Edito

Réformer ou frapper au jugé ?

Témoignages.re / 16 septembre 2009

Un communiqué du SGPEN-CGTR annonce que la rémunération des contractuels de la Jeunesse et des Sports va subir un abaissement brutal, suite à la suppression de la majoration pour Vie chère.
Cette coupe, rappelle l’organisation syndicale, avait déjà frappé en 2007 les personnels auxiliaires du Trésor Public ; elle risque demain de concerner à leur tour les contractuels de l’Éducation nationale et, dans un avenir proche, l’ensemble des non-titulaires de la fonction publique. Ni les destinataires de la mesure, ni les syndicats n’ont été le moins du monde consultés préalablement à son adoption et à sa mise en place. Le caractère brutal et non concerté de cette décision fait apparaître une fois encore l’absence de communication, de transparence et de négociation qui persiste dans notre pays.
La question de la sur-rémunération et des contradictions qu’elle génère dans notre économie et au sein de notre société doit faire l’objet d’un traitement fondé sur une vision globale du pouvoir d’achat. Longtemps repoussée, l’ouverture du débat relatif à la sur-rémunération dans la fonction publique est devenue inéluctable depuis la récente adoption, à l’unanimité, d’un rapport de la Commission des Finances du Sénat.
Mais encore faudrait-il qu’il y ait débat : force est de constater que des décisions telles que celles qui frappent les contractuels aujourd’hui témoignent d’une volonté de passer en force… et d’attaquer les plus faibles.
Que peut-on espérer d’une telle approche ? Certainement pas en tous cas qu’elle œuvre à un règlement harmonieux et pacifique des graves problèmes que connaît notre société. L’abaissement du niveau de vie des employés précaires s’inscrit dans un contexte où les destructions d’emplois dues à la crise se conjuguent à un niveau de prix très élevé, qu’aggrave encore la hausse des hydrocarbures voulue par les pétroliers et décidée par le Préfet.
La politique qui consiste à déclasser du jour au lendemain les agents les plus précaires de la fonction publique n’apporte aucune solution. A l’inverse, de telles mesures qui frappent le corps social au jugé, sans ouvrir la moindre perspective, ne font qu’amplifier la crise de la société réunionnaise.
N’est-il pas temps, après la conclusion unanime des Etats-généraux de l’Outre-mer, de donner un coup d’arrêt à une politique d’économies de bouts de chandelles qui ne résout rien ? Des solutions existent pour résorber les distorsions du pouvoir d’achat sans pour autant dégrader le niveau de vie de différentes franges de la population. Elles ne pourront être mises en œuvre sans interruption de la casse sociale, sans transparence et sans négociation avec les Réunionnais.

G.G


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