Edito

Renforcer l’unité réunionnaise pour la liberté

LB / 10 mai 2010

La cérémonie organisée hier matin au Parc Boisé "Laurent Vergès" du Port restera une étape importante dans le combat des Réunionnais pour célébrer chaque année la Journée de Commémoration nationale des Mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. En effet, sa réussite a montré à quel point le peuple réunionnais est attaché à marquer une telle célébration.
Cette cérémonie était organisée par l’association MCUR : Culture, recherche, action, avec le soutien de la Commune du Port et, malgré l’absence d’information sur cet événement dans les médias officiels, beaucoup de personnes y ont participé. Avec de grands artistes et militants culturels, elles en ont fait un moment très fort en émotions, en portée historique et en détermination à donner toujours plus d’ampleur à la célébration du 10 mai.

Pourquoi ce 10 mai est-il si important ? Comme l’ont expliqué notamment Carpanin Marimoutou, Laurita Alendroit, Jean-Yves Langenier et Paul Vergès, c’est ce jour de 2001 où, pour la première fois dans l’Histoire, les représentants d’une ex-puissance coloniale ont reconnu officiellement par une loi que l’esclavage commis par cet État est « un crime contre l’humanité ».
Un tel vote — unanime et vraiment exemplaire — est à étendre à tous les États ex-esclavagistes, afin de faire connaître à tous les peuples de la Terre les horreurs d’un tel régime mais aussi de réparer les traces qu’il a laissées aujourd’hui dans le monde entier. Voilà le sens que veulent donner les organisateurs de la célébration du 10 mai à cet événement à La Réunion.

D’ailleurs les Réunionnais peuvent être fiers du travail qu’ils ont déjà accompli à ce sujet : ce sont des députés réunionnais qui ont déposé un premier projet de loi à cette fin, et il fut repris par notre sœur Guyanaise Christiane Taubira avant d’être voté ; c’est une Réunionnaise, Françoise Vergès, qui préside le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage ; et le projet de l’Alliance de réaliser la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise est cité comme un exemple au plus haut niveau de la République et des instances internationales.
Si nous voulons réellement être fidèles à nos ancêtres marrons et à tous les autres qui ont combattu l’esclavage, il faut continuer leur lutte aujourd’hui. Voilà pourquoi il est important de renforcer l’unité réunionnaise pour la liberté.

L. B.


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