Edito

Résolution sur les Enfants de la Creuse : grande victoire sur le BUMIDOM

J.B. / 18 février 2014

Aujourd’hui, l’Assemblée Nationale débat d’une proposition de résolution sur les enfants réunionnais exilés de force vers la France, entre 1963 et 1982. Le nombre des « Enfants de la Creuse » est estimé à 1.600.

C’est en 1968 que « Témoignages » avait révélé à l’opinion le scandale des enfants enlevés par des personnels de l’assistance publique. Ils étaient ensuite convoyés vers la Creuse et d’autres départements de la France rurale.
A cette époque, la tragédie des enfants réunionnais déportés étaient la partie la plus douloureuse d’une grande campagne de déplacement de population organisée par le gouvernement français : le BUMIDOM.

15 ans après l’abolition du statut colonial, les départements d’outre-mer étaient loin d’avoir obtenu l’égalité promise par la loi du 19 mars. Le gouvernement avait préféré accélérer la crise en alignant les fonctionnaires sur la grille salariale des expatriés, plutôt que de garantir à tous les travailleurs l’égalité.
Puis au lieu d’accompagner le développement du pays par le renforcement des industries traditionnelles et la création de filières nouvelles, Paris a préféré favoriser le départ des jeunes vers la France. Dans l’hémisphère Nord, c’était l’époque des 30 Glorieuses, l’industrie française avait besoin de bras qu’elle allait chercher en Afrique du Nord, et dans d’autres anciennes colonies comme La Réunion et les Antilles.
Aujourd’hui, la pyramide des âges révèle le résultat du BUMIDOM. Aux Antilles, le BUMIDOM était un succès. Il s’inscrivait dans le prolongement d’une émigration qui avait déjà commencé avant la Seconde guerre mondiale. La jeunesse antillaise est donc partie en masse. Et maintenant, la Martinique et la Guadeloupe font partie des départements en voie rapide de vieillissement. La population de la Martinique a diminué entre les deux derniers recensements. Avec le retour d’émigrés retraités par milliers, les Antilles vont être les régions les plus âgées, c’est la conséquence du BUMIDOM.

A La Réunion, le PCR a mené la bataille contre le BUMIDOM. C’est ce qui a amené à la découverte et à la dénonciation du scandale des Enfants de la Creuse.
Aujourd’hui, La Réunion continue d’avoir une croissance démographique. C’est parce que la résistance au BUMIDOM a permis de sauver l’essentiel, car contrairement aux Antilles, le BUMIDOM a été un échec à La Réunion.
Le PCR a été aussi en pointe dans la lutte pour la réparation d’un crime contre l’humanité. En 2005, le PCR rappelait que dans le monde, seuls les Aborigènes d’Australie ont subi un traitement comparable à celui infligé aux enfants réunionnais exilés en France. Hier, c’est le quotidien britannique « The Guardian » qui a repris cette thèse à son compte.
Aujourd’hui, la question des Enfants de la Creuse arrive en débat à l’Assemblée nationale. C’est une grande victoire pour tous ceux qui ont combattu le BUMIDOM et sa pire application : la déportation des Enfants de la Creuse.

 J.B. 



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  • Je partage pleinement la lutte des enfants déportés par le Bumidom. Mon organisation syndical (le collectif Dom-Tom CGT ) a mené un dur combat contre cette institution .Avec nos camarades Antillais ,nous sommes descendus plusieurs fois dans la rue pour être entendu par les gouvernements de l’époque Il nous a fallu de nombreuses luttes .Je pense particulièrement de ces camarades qui ont été de ce combat responsable de ce collectif (Maurice Gironcelle,Serge Folio et notre regretté Marcel SOUBOU .Pour infos,notre collectif reste mobilisé et continu le combat pour tous les enfants déportés, comme ceux et celles de La Sakay .

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