Edito

Route en mer : la fuite en avant continue et le BTP plonge dans la crise

J.B. / 26 octobre 2016

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Situés à des dizaines de kilomètres du chantier de la route en mer, les habitants de Sainte-Suzanne et Saint-André en supporteront les conséquences environnementales et sanitaires si une méga-carrière est ouverte à Menciol.

L’enquête publique sur le projet de carrière à Menciol a débouché sur un avis favorable de la commissaire enquêtrice. Les menaces pour l’environnement et la santé ne sont pas évacuées par cet acte de procédure. D’ailleurs, l’exploitation ne pourra se faire sans obtenir une dérogation de la part du Conseil national pour la protection de la nature. Autant dire que la bataille est loin d’être terminée.

C’est donc un nouvel épisode dans l’offensive menée par les défenseurs du projet de la route en mer. Car derrière les divergences d’opinion manifestées par des carriers qui bataillent pour faire avancer leurs intérêts particuliers, il est une certitude. La carrière de Menciol s’inscrit dans la tentative de construire une route au large de 12 kilomètres au large des côtes de La Réunion, dans une zone constamment balayée par la houle de l’océan Indien. Sans le projet de route en mer, il n’y aurait pas eu de projet de carrière à Menciol, à Dioré ou à Bois-Blanc.

Or ce chantier est loin d’avoir tenu ses promesses en termes d’emploi. On est loin des milliers sur lesquels la Région s’était engagée. En réalité, ce sont quelques centaines, tout au plus un millier, alors que le chantier est censé tourner à plein régime. Ce qui est en revanche conforme aux promesses, c’est le coût faramineux de ce qui se résume pourtant à une opération de communication. Le chantier a en effet lancé sans que les matériaux nécessaires à son achèvement aient été prévus. C’est ce qui explique la recherche de carrières.

Mais cette volonté de concentrer les investissements sur un chantier a de lourdes conséquences pour le reste de l’activité du BTP. Le chiffre d’affaires ne cesse de diminuer, car la Région ne construit plus de nouvelles routes, et au bout de six ans de direction assumée par Didier Robert, la collectivité va seulement inaugurer son premier lycée alors que le rythme de construction de ce type d’équipement était de deux tous les trois ans quand l’Alliance était à la tête du Conseil régional. La fuite en avant du chantier de la route en mer accélère la crise du BTP.

J.B.


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