Edito

Route en mer : le principe de précaution doit s’appliquer et stopper le chantier

J.B. / 7 septembre 2016

Une étude parue récemment dans la revue Geoscience a réussi à faire le lien entre le réchauffement climatique et l’intensité des cyclones. Wei Mei et Shang-Ping Xie, deux scientifiques auteurs de l’étude, constatent que les observations des 37 dernières années indiquent que l’intensité des cyclones s’est accrue de 12 à 15 % dans l’est et le sud-est de l’Asie. Avec le réchauffement de l’océan, les prévisions montrent une poursuite de cette intensification. La Chine et le Japon sont menacés, cela concerne plus d’un milliard de personnes. D’importantes catastrophes sont à venir car dans le même temps, la population continue d’augmenter sur le littoral, alors que le niveau de la mer monte.

Cette nouvelle alerte concerne aussi La Réunion. L’océan est planétaire, sa température augmente partout. Notre île se situe dans la zone intertropicale, elle peut donc être touchée par des cyclones. Ces phénomènes ont déjà fait d’importants dégâts. Mais à l’époque, La Réunion était moins peuplée, et moins urbanisée.

Elle doit renforcer le principe de précaution. Malheureusement, ce n’est pas une priorité pour des responsables politiques, notamment à la Région Réunion. Le projet pharaonique de route en mer butte sur un problème physique. Il n’y a pas suffisamment de matériaux pour le mener à bien. Pour lever cet obstacle, les promoteurs comptent sur l’ouverture de nouvelles carrières. Malgré une enquête publique défavorable l’an dernier, l’État a relancé la procédure pour créer un gigantesque site d’extraction à Bois-Blanc. Une nouvelle enquête publique est donc en place. Comme précédemment, les trois maires des communes concernées ont fait part de leur opposition. Ils suivent l’opinion publique qui a manifesté son désaccord avec ce projet. De plus, un référendum local organisé cette année à Saint-Leu a donné une illustration concrète de cette tendance : plus de 80 % des suffrages contre la carrière de Bois-Blanc.

Les études montrant les impacts dévastateurs du changement climatique s’accumulent. Ce sont autant d’arguments pour remettre en cause les investissements fait sur le littoral. Dressée en pleine mer, la route de Didier Robert sera en première ligne pour affronter des cyclones d’une intensité plus forte que ce que La Réunion a déjà connu. Pourquoi alors persister dans la réalisation à tout prix d’un investissement de plus de 2 milliards dans ces conditions ?

Le manque de matériaux offre une opportunité de sortir de la crise par le haut. Le simple constat de l’impossibilité de réaliser la route permettra de réorienter les crédits obtenus par Paul Vergès vers le projet initialement prévu d’un train reliant le nord à l’ouest. À la différence de la route en mer, le tracé se situe à l’intérieur des terres. Il est donc à l’abri des effets dévastateurs des cyclones qui frapperont La Réunion tôt ou tard.

J.B.



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  • Ce ne serait pas le premier chantier qui serait arrêté en France avant son achèvement, mais à mon avis , ce serait le premier sur lequel on aura perdu autant de temps et laissé gaspiller autant d’argent avant de décider de le stopper . Mieux vaut tard que jamais .
    Les Deux entreprises internationales concernées pourront toujours se rattraper en ayant une priorité sur la construction d’une nouvelle route passant totalement par tunnel ou combinant le passage par les hauts et le tunnel , comme je l’avais proposé dans les journaux dans les années 2000 avant le début des travaux.
    Le plus tôt sera le mieux .

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