Edito

RSA : une goutte d’eau dans un océan de misère

J.B. / 22 décembre 2016

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Le 13 décembre dernier, lors de l’audition d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer, par la Commission des Lois du Sénat, Gélita Hoarau avait rappelé la situation sociale de La Réunion. « L’INSEE considère La Réunion comme un département hors normes tant les inégalités y sont grandes. », avait notamment déclaré la sénatrice.

En effet, la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Cela est dû notamment à un chômage de masse qui existe depuis des décennies, trois fois plus élevé en pourcentage qu’en France. En conséquence, La Réunion détient des records en matière de recours à l’aide sociale. La gestion de ces aides repose en grande partie sur le Conseil départemental, depuis que la loi a transféré à cette collectivité la compétence du versement du RMI devenu RSA.

Mais ce transfert ne s’est pas accompagné des financements correspondants. La dette de l’État approche du milliard d’euros. Cette situation pèse sur les finances de la collectivité, ce qui l’a amené à faire des coupes dans d’autres domaines, d’autant plus que l’État réduit chaque année la subvention appelée Dotation globale de fonctionnement.

Ces faits relativisent les annonces faites hier par le ministère des Outre-mer. Un communiqué précise que dans le budget 2016, 10,5 millions d’euros supplémentaires seront alloués à La Réunion au titre des actions d’insertion. Dans cette somme, 6,6 millions seront destinés au Département, prélevés dans une enveloppe destinée à aider les collectivités qui ont des difficultés à financer le RSA.

Cette annonce apparaît donc comme une bien faible contribution de l’État à une situation qu’il a lui-même contribué à aggraver. Elle est également à verser dans le bilan du mandat de François Hollande. Au cours des 5 dernières années, les travailleurs payés au SMIC n’ont eu droit qu’à une bien faible augmentation de 56 euros. Durant la même période, la situation ne s’est guère améliorée pour les collectivités chargées de gérer l’urgence sociale. Ces données sont à comparer avec les aides massives destinées aux entreprises. Les 40 milliards d’euros dont elles ont bénéficié n’ont pas été conditionnés à la création d’emplois.

J.B.



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  • 5.9, ou koné kossa y veut dire. Ma di à ou : payé le 5 du mois et oki ( à découvert ) le 9 . Pas seulement pour ceux qui touche le RSA, mais aussi pour le smicard, le travailleur pauvre comme qui dirait en France. Lorsqu’on voit les reportages sur cette abérration, cela mérite réflexion. Ils travaillent et vivent dans la rue, dans leur voiture. Alorsss, kommen y fé pou le boug au chômage. Quoi faire, sans la solidarité nationale, sans la prise de conscience de ceux qui créent des richesses grâce à l’appui des travailleurs. Pourquoi la répartition de ces richesses ne profite pas à tous, surtout à ceux qui méritent le plus. On peut comprendre un patron en difficulté dans une petite exploitation. Il ne peut pas délivrer des primes de rendement à ses employés, mais ceux qui font des bénéfices à coup de million, de milliard. Pourquoi ne pas investir dans le bien être des travailleurs. Investir dans l’humain c’est aussi rentable que favoriser les machines.
    Michel M

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